Ce dimanche, les électeurs mexicains votent pour élire le prochain président de la République. Si Andrés Manuel Lopez Obrador, dit AMLO, est sans conteste le grand favori du scrutin. Mais ses soutiens craignent la corruption, organisée par les deux grands partis traditionnels, qui lui ont déjà coûté deux victoires.

AMLO (Andrés Manuel Lopez Obrador), le 28 juin lors d'un meeting
AMLO (Andrés Manuel Lopez Obrador), le 28 juin lors d'un meeting © AFP / Oscar Aguirre / CrowdSpark

C'est le manège habituel qui revient tous les six ans au Mexique, à chaque élection présidentielle : sous ses yeux, Pablo, militant de MoRENA, parti anti-corruption du favori Andrés Manuel Lopez Obrador (surnommé AMLO), voit un véritable défilé passer sous ses yeux : "Ils offrent des frigos, des gazinières, des chauffages : hier je les ai vus en distribuer dans un ranch pas loin d'ici, c'était très organisé, tout le monde repartait avec son chauffage". 

Les partis traditionnels habitués à la fraude électorale

Mais qui procède à cette distribution ? "Ce sont ceux du PAN, le parti d'action nationale ! Ils font des cadeaux pour acheter les consciences, c'est une honte", dénonce Pablo. A deux reprises, en 2006 et 2012, AMLO a vu la victoire lui échapper à cause de la fraude électorale basée sur la corruption, contre laquelle il entend justement lutter.

La fraude est orchestrée par le PAN, conjointement avec le PRI (Parti révolutionnaire institutionnel), qui a régné sans partage sur le pays pendant 70 ans. Ces deux formations de droite, habituées à la fraude électorale, sont considérées par les Mexicains comme responsables du chaos : plus de 25 000 homicides l'an dernier, résultat d'une guerre contre les narcotrafiquants déclarée en 2006, qui n'a fait que répandre la violence et la corruption, incarnées aujourd'hui par le président sortant, Enrique Penia Nieto. 

AMLO, seul à dénoncer la corruption

AMLO, lui, réclame la justice sociale. Cet homme de gauche affirme vouloir en finir avec "cette mafia au pouvoir" et est le seul à condamner ouvertement la faillite de l'Etat. Avec 52% d'intentions de vote, et alors même qu'il n'a toujours pas dévoilé ses recettes pour remettre le pays sur pied, il est sans aucun doute le prochain président mexicain... à moins que la corruption vienne encore s'en mêler.

"C'est fou à quel point on a l'habitude de donner de l'argent pour plein de choses", déplore Daniel Lizarraga, enquêteur qui a travaillé sur plusieurs cas de corruption visant l'actuel gouvernement. "Ici, tu grilles un feu, tu donnes de l'argent au policier ; si tu dois obtenir des documents officiels, tu glisses un billet pour que ça aille plus vite : c'est comme ça que la société fonctionne". 

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