Javier Valdez, célèbre journaliste spécialiste des cartels de la drogue, a été abattu lundi au Mexique, provoquant l'émoi dans l'un des pays les plus dangereux pour la presse.

Mexique : le journaliste Javier Valdez a été abattu lundi
Mexique : le journaliste Javier Valdez a été abattu lundi © AFP / HECTOR GUERRERO

Javier Valdez, 50 ans, a été abattu à l'arme à feu par plusieurs agresseurs en pleine rue. Ce spécialiste des cartels de la drogue travaillait pour le quotidien national La Jordana, pour l'hebdomadaire Riodoce et depuis plus de dix ans pour l'agence France-Presse (AFP) dans l'Etat de Sinaloa, fief du cartel du puissant Joaquin "El Chapo" Guzman, actuellement incarcéré aux Etats-Unis.

Il avait publié un livre sur les dangers rencontrés par les journalistes qui rendent compte de la criminalité et de la corruption au Mexique. En 2011, il avait reçu le Prix international de la liberté de la presse, décerné par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ).

Mexique : le journaliste Javier Valdez, 50 ans, assassiné en pleine rue lundi
Mexique : le journaliste Javier Valdez, 50 ans, assassiné en pleine rue lundi © AFP / JUAN CARLOS ROJAS / NOTIMEX

La presse mexicaine sous le choc

Le bureau du procureur spécial chargé des crimes contre la liberté d'expression au Mexique a annoncé avoir lancé une procédure en vue d'ouvrir une enquête et l'envoi d'une équipe pour collecter des preuves.

Son décès a ébranlé la communauté des journalistes mexicains.

Sylvain Estibal, le directeur du bureau de l'AFP à Mexico :

Il voyait le journalisme comme un combat pour la société.

► ECOUTER Sylvain Estibal joint par Olivier Poujade

Le président mexicain et l'ambassadeur américain au Mexique ont condamné l'assassinat.

Traduction : Je renouvelle notre engagement pour la liberté d'expression et pour la presse, qui sont fondamentales pour notre démocratie.

La France a également "condamné fermement l'assassinat (...) Le Quai d'Orsay appelle "les autorités mexicaines à tout mettre en œuvre pour que les auteurs de ce crime odieux ne restent pas impunis."

Etre journaliste, c'est être sur une liste noire

Les assassinats de journalistes ont fortement augmenté depuis 2006 au Mexique, année où le gouvernement précédent a déployé l'armée pour lutter contre le narcotrafic. Depuis cette date, il se commet entre trois et 10 homicides de journalistes par an, selon l'ONG Articulo 19. En 2016 , 11 journalistes ont été tués au Mexique, un nombre record.

"Etre journaliste, c'est être sur une liste noire". Ce sont les mots de Javier Valdez. Il est le cinquième journaliste tué cette année au Mexique. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a appelé ce mois-ci le président mexicain Enrique Pena Nieto à faire de la protection des médias une priorité du gouvernement, estimant qu'au moins 21 journalistes avaient été assassinés dans une "impunité complète" au cours des dix dernières années.

Selon reporters sans frontières, le Mexique est le troisième pays le plus dangereux au monde pour les journalistes après la Syrie et l'Afghanistan.demeure le pays le plus meurtrier d'Amérique latine pour la presse. En 2016, il était classé 149 ème sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse. Intimidations, menaces, exécutions sont le lot quotidien des journalistes mexicains qui travaillent sur les cartels de la drogue et sur la corruption.

Le Mexique, l'un des pays au monde les plus dangereux pour la presse
Le Mexique, l'un des pays au monde les plus dangereux pour la presse © AFP / Anella RETA, Gustavo IZUS

Face au manque de sécurité, un quotidien, le Diario Norte, basé à Ciudad Juarez (nord), a cessé de paraître.

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