Débris du Boeing 777 écrasé en Ukraine
Débris du Boeing 777 écrasé en Ukraine © Reuters

Les enquêteurs ont bien du mal à mener l'enquête sur le crash du vol MH17, dans cette zone ukrainienne tenue par les séparatistes pro-Russes. Pays-Bas et Australie pourraient envoyer une mission armée pour leur garantir un accès sécurisé.

Nous vous le revélions en début d'après-midi, les experts malaisiens ont quitté l'Ukraine, estimant qu'il était impossible de poursuivre les investigations dans les conditions actuelles. En cause : l'attitude des séparatistes pro-Russe sur les lieux du crash du vol MH17, qui a fait 298 victimes jeudi dernier.

Depuis leur arrivée dans cette zone tenue par les rebelles, l'équipe d'enquêteurs internationaux, issus de huit pays dont les Pays-Bas et la Russie, n'a pas encore eu un accès total au site. La gestion chaotique sur place et les problèmes de sécurité font régulièrement polémique.

Tous les corps n'ont pas encore été retrouvés, et des témoins ont vu les rebelles les déplacer ou toucher aux débris.

Entre nécessité d'enquêter et ménagements diplomatiques

La question d'envoyer des troupes armées pour permettre aux enquêteurs de faire correctement leur travail se pose depuis le début des investigations.

Mais il faut également éviter d'envenimer des relations déjà très tendue avec la Russie et les séparatistes. Encore aujourd'hui, le ministère russe des Affaires étrangères a accusé les Etats-Unis de mener une "campagne de dénigrement", alors que la porte-parole adjointe du département d'Etat américain, Marie Harf, a déclaré que les séparatistes pro-Russes tiraient "depuis la Russie".

Du coup, envoyer une mission armée relève d'un "périlleux numéro d'équilibriste" pour Justin Bronk, analyste en sciences militaires à l'Institut royal United Services de Londres, interrogé par l'AFP :

Il faut envoyer les troupes les plus légères possible pour éviter de provoquer les Russes. (..) Il faut garder à l'esprit qu'une des raisons de ce conflit est que la Russie considère que l'Occident, à travers l'Otan et l'UE, va de plus en plus loin vers l'Est

Des soldats malgré tout

Pays-Bas et Australie, dont les ressortissants sont nombreux parmi les victimes, envisageraient tout de même le vote d'une nouvelle résolution de l'ONU en vue de l'envoi d'une mission armée sécurisant le site du crash.

L'Australie a déjà envoyé 90 policiers et devrait en envoyer une centaine supplémentaire, dont certains pourraient être armés. Le premier ministre Tony Abbott a précisé qu'un accord était sur le point d'être conclu avec l'Ukraine et que des soldats participeraient à cette mission. Il n'en a toutefois pas précisé le nombre.

Aux Pays-Bas , des soldats ont aussi été consignés en vue d'un éventuel déploiement, selon le ministère de la Défense. Le premier ministre Mark Rutte a déjà exprimé ses craintes concernant la sécurité sur le site :

Si la situation se dégrade soudainement, nous n'avons aucune capacité d'extraction. Nous n'avons pas de militaires sur place

Mais bien qu'un effectif conséquent sérait nécessaire pour sécuriser la zone, il reste prudent :

Si nous avions là-bas une grande présence militaire, la situation pourrait devenir plus instable que stable

Pierre Bénazet, notre correspondant à Bruxelles, évoque les inquiétudes néerlandaises concernant la sécurité sur le site du crash

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