Michel Thierry Atangana à Yaoundé en 2012
Michel Thierry Atangana à Yaoundé en 2012 © Maxppp / Jean-Pierre Kepseu

Le Français d'origine camerounaise est arriver tôt ce matin à l'aéroport de Roissy. L'homme de 49 ans a passé 17 ans en prison pour détournement de fonds et devait à l'origine être libéré en 2012.

Les traits fatigués, visiblement ému, Michel Atangana a retrouvé peu après 6h30 sa famille et ses deux fils et les membres de son comité de soutien.

Michel Thierry Atangana s'est dit en état de "choc" "extrêmement usé" après 17 ans de prison en "isolement" au Cameroun.

Je suis extrêmement usé. Le choc est un choc que vous ne pouvez pas imaginer. C'était pas 17 ans dans une prison mais dans une cellule en isolement

Après s'être tenu en retrait pendant les premiers discours, notamment de la ministre déléguée aux Français de l'étranger Hélène Conway-Mouret, Thierry Atangana a prononcé quelques mots pour exprimer son émotion de revoir ses enfants et sa gratitude envers l'Etat français et les efforts de François Hollande, qui en mai 2013 avait jugeait "inadmissible" la durée de sa détention".

"Je dois me retrouver intérieurement pour m'exprimer en homme libre", a ajouté cet homme de grande taille, qui a longuement contemplé une banderole le disant enfin libre.

Michel Atangana va se rendre à l'hôpital du Val de Grâce pour passer des examens médicaux.

Le Français a toujours rejeté les accusations portées contre lui

Michel Atangana a finalement été remis en liberté lundi soir par les autorités camerounaises . Le président Biya, 81 ans, a signé la semaine dernière un décret accordant sa grâce à une certaine catégorie de détenus, dont le Français, dans le cadre du 50e anniversaire de la réunification du Cameroun.

Michel Atangana devait à l'origine être libéré en 2012. À l'époque, de nouvelles accusations avaient été portées contre lui et son co-accusé, l'ancien ministre camerounais de la Santé Titus Edzoa. Tous deux avaient été condamnés à 20 ans d'emprisonnement.

Une détention jugée "politique"

Avant leur emprisonnement, Titus Edzoa, aujourd'hui âgé de 69 ans, avait démissionné du gouvernement et annoncé qu'il serait candidat face au président Paul Biya lors de la présidentielle de 1997. Michel Atangana était alors devenu son directeur de campagne.

Cela avait conduit la France à s'indigner, tout comme la commission des droits de l'homme de l'Onu et des organisations internationales de défense des droits de l'homme pour lesquelles ce dernier procès était inéquitable et à caractère politique.

Le président français François Hollande avait écrit l'an dernier à Michel Atangana, lui disant que, quel que soit le délit qu'il avait pu commettre, la seconde peine était particulièrement lourde. Il avait indiqué que le gouvernement français ferait tout son possible pour faire en sorte qu'il soit traité équitablement.

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