En Floride, État clé de ces élections de mi mandat américaines, le vote de l'importante communauté juive pourrait changer la donne après le traumatisme de l'attentat antisémite de Pittsburgh.

La communauté juive de Floride, forte de plus de 600 000 personnes, rejette la responsabilité de l'attentat antisémite de Pittsburgh sur les propos décomplexés du président américain.
La communauté juive de Floride, forte de plus de 600 000 personnes, rejette la responsabilité de l'attentat antisémite de Pittsburgh sur les propos décomplexés du président américain. © AFP / JEFF SWENSEN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

La nuit est tombée sur Orlando. Assis sur une balancelle, Alan Frenkel a l'air grave. Ce soir, il est venu rendre visite à son amie Judy. Tous les deux font partie de la communauté juive de Floride, plus de 600 000 personnes, la plus forte concentration après New York. Et l'attentat antisémite de Pittsburgh, la semaine dernière, pourrait bien avoir une influence déterminante sur l'issue du vote dans cet État fétiche pour Donald Trump. 

Un État clé, où ces élections de mi-mandats sont considérées comme le galop d'essai annonciateur de la présidentielle de 2020. L'élection au poste de gouverneur s'y joue au coude à coude. Pour départager le républicain Ron de Santis, poulain de Trump et Andrew Gillum, le démocrate noir présenté comme le nouvel Obama, chaque voix va compter. 

La société américaine plus que jamais crispée autour de ses multiples identités

Mais alors que la principale publication juive des États-Unis a appelé ses électeurs à voter pour le républicain Ron de Santis, Alan ne veut pas en entendre parler. Pour lui, le discours décomplexé de Donald Trump est partiellement responsable de la tragédie.

"Je ne suis pas spécialement religieux, mais cet attentat antisémite pousse à être plus juif que jamais. Et ce à quoi on assisté dans ce pays ces derniers temps, c'est l'escalade. L'extrême-droite se sent désormais autorisée à dire des choses... On savait que ça existait mais maintenant, c'est verbalisé ouvertement, et c'est cette rhétorique qui a permis à cet homme de passer à l'acte à Pittsburgh."

Sous le porche, Judy laisse éclater sa colère. "Avant l'élection les gens me disaient, allons, ce n'est pas un drame si Trump est élu. Moi, je disais, attention, il utilise son gendre, Jared Kushner, qui est juif, comme caution... Tout en ouvrant la porte à  ce sale courant d'extrême-droite. En tant que juive, je trouve ça terrifiant. Et oubliez Trump une minute ! Le reste des républicains, pourquoi ils ne disent rien? Ils sont où? Trump, c'est un dingue, mais eux, qui ont l'habitude de faire de la politique depuis longtemps, ils savent que ce qu'il fait est mal, mais ils ont vendu leur âme au diable." 

Des larmes de colère font briller ses yeux. Que Donald Trump ait reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël n'est qu'un leurre, ajoute-t-elle, alors qu'à la veille de ces élections, la société américaine n'a jamais été aussi crispée autour de ses multiples identités.

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