Dans cette campagne pour les élections de mi-mandat, Donald Trump s'attaque régulièrement à des personnalités de son opposition pour rassembler sa base. À quelques rares exceptions près, ses cibles préférées sont surtout des femmes. Et il ne se prive pas de leur donner publiquement des surnoms dégradants et misogynes.

De G à D : Dianne Feinstein, Stormy Daniels, Megyn Kelly et Elizabeth Warren
De G à D : Dianne Feinstein, Stormy Daniels, Megyn Kelly et Elizabeth Warren © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS, Ralf Hirschberger, Phillip Faraone, Zach Gibson

La porn star, "face de cheval"

Stormy Daniels affirme que Trump "a un tout petit pénis en forme de champignon". Comment le sait-elle ? Tout simplement parce que cette star du porno, de son vrai nom Stephanie Clifford, assure avoir eu une liaison avec le président des États-Unis en 2006 alors que sa femme Melania venait d'accoucher de leur fils Baron. 

L'avocat de Trump, Michael Cohen, a avoué dans la foulée de ces révélations publiques (après avoir lâché Trump et passé un accord avec le FBI) avoir payé 130 000 dollars à Stormy Daniels en 2016 pour acheter son silence pendant la campagne présidentielle. Scandale.

Trump nie mais en ce mois d'octobre 2018, Stormy Daniels parcourt les plateaux télé d'un air assuré, sourire aux lèvres, offrant de plus en plus de révélations crues sur sa relation avec celui qui est devenu depuis président des États-Unis. Début octobre, elle fait le tour des plateaux télé pour assurer la promotion de son livre qui révèle moult détails salaces (Full Disclosure) sur son expérience avec Trump. Les Américains se souviendront longtemps de son interview dans l'émission de Jimmy Kimmel le 2 octobre. Le présentateur lui présente plusieurs modèles de champignons... 

En réponse aux attaques de Stormy Daniels sur son anatomie, Trump l'appelle "Horseface" (face de cheval) sur Twitter : 

"Elle ne sait rien sur moi, c'est une arnaque totale!"

Mais elle ne se démonte pas et l'affuble elle aussi d'un surnom :"Tiny" ("minuscule"). 

Chaque camp a déposé de multiples plaintes en diffamation l'un contre l'autre devant les tribunaux de New York et Los Angeles. 

La politicienne d'expérience, "encore une beauté ! " 

La californienne Dianne Feinstein, 85 ans, ancienne maire de San Francisco, sénatrice démocrate depuis 1992, est devenue la cible des meetings de Trump ces dernières semaines. Le président américain la soupçonne d'avoir fait fuiter dans les médias la lettre de Christine Blasey Ford accusant d'agression sexuelle Brett Kavanaugh, alors candidat à la Cour Suprême soutenu par Trump. 

Lors d'un meeting dans l'Iowa le 9 octobre dernier, Trump s'exclame : 

Et la sénatrice Feinstein? Voilà encore une beauté ! ... Avez-vous fait fuiter le document ? 

Ses supporters se mettent alors à  hurler en chœur : Mettez la en prison !! (Lock her up !!) Mettez la en prison !! 

La descendante d'Indiens, "Pocahontas"

Elizabeth Warren est sénatrice et vice-présidente du groupe démocrate au Sénat des États-Unis. Et elle fait partie des candidats potentiels à la présidentielle de 2020. 

Une polémique l'oppose à Trump dans cette campagne 2018  : en effet, au cours de sa campagne pour l'élection sénatoriale de 2012, Elizabeth Warren a revendiqué ses origines amérindiennes. 

Alors qu'il reçoit à la Maison Blanche des anciens combattants amérindiens en novembre 2017, Donald Trump commence à appeler la sénatrice démocrate Elizabeth Warren "Pocahontas". Puis lors d'un meeting, il enfonce le clou : 

Imaginez un débat entre moi et Pocahontas. Je prendrai un de ces petits kits de tests ADN et quand elle proclamera qu'elle est d'origine indienne, je lui mettrai sur le bras, en faisant attention car on est en période #MeToo. Et je lui dirai que je donnerai un million de dollars à son association préférée si ce test prouve qu'elle est indienne.

Elizabeth Warren fait alors un test ADN il y a quelques semaines, dont elle publie les résultats. Il démontre ses lointaines origines amérindiennes. 

Trump de son coté affirme que ce test démontre au contraire qu'elle a moins de probabilité d'être amérindienne que la moyenne des Américains. 

La journaliste "bimbo"

Megyn Kelly travaillait jusqu'au 26 octobre à NBC News. Elle vient d'être évincée en raison de propos jugés racistes. 

Mais jusqu'en décembre 2016, elle animait un talk show sur Fox News, la chaîne conservatrice. Après son témoignage pour des faits de harcèlement sexuel, Roger Ailes, le PDG de Fox, a été débarqué en 2017.  Megyn Kelly a régulièrement évoqué la piètre opinion qu'elle a de Donald Trump :

La campagne sans relâche menée par Trump auprès de moi et de Fox News pour obtenir la couverture qu'il souhaitait était sans précédent et potentiellement très dangereuse. Ça aurait fait froid dans le dos à n'importe quel journaliste.

Megyn Kelly a même fait des révélations dans Vanity Fair : 

Il m'envoyait des coupures de presse sur moi qu'il signait simplement "Donald Trump" et il appelait pour faire des compliments sur une de mes émissions.

De son coté, Donald Trump a souvent répondu, non pas avec des arguments sérieux mais avec des attaques personnelles et misogynes : 

"Je refuse de qualifier Megyn Kelly de 'bimbo', car ce ne serait pas politiquement correct. Je vais plutôt dire que c'est une reporter légère"

Puis est arrivé un débat présidentiel qu'elle avait animé :

"Vous qualifiez les femmes que vous détestez de grosses truies, de chiennes, de bonnes à rien et d'animaux dégoûtants"

Au lendemain du débat, Trump déclare sur CNN :

Du sang sortait de ses yeux ou de son je ne sais quoi

Des attaques misogynes faisant référence aux menstruations des femmes qui ont montré un Trump capable de toutes les bassesses pour se défendre face à un adversaire coriace... surtout si cet adversaire est une femme. 

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.