Ils sont nés dans les années 2000 et ont tout juste l'âge de voter. Les millenials se mobilisent cette année pour "faire la différence" et voter pour la première fois. La lutte contre les armes à feu les a rassemblés.

David Hogg, rescapé de la tuerie de Parkland, militant anti-armes à feu
David Hogg, rescapé de la tuerie de Parkland, militant anti-armes à feu © Getty / Emma McIntyre / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Selon un sondage pour NBC News, une majorité de millenials prévoient d'aller voter le 6 novembre, un quart reste incertain alors que les autres ne voteront pas. 

Et une majorité compte s'opposer à Donald Trump. 

Désillusion et méfiance

Les jeunes ont perdu confiance dans le politique, surtout depuis l'élection de Donald Trump. Ils se présentent à la fois comme anti-Trump et anti-establishment. Toujours selon ce sondage NBC, la personnalité d'un candidat et sa volonté de faire changer le système les mobilisera plus que son étiquette politique.

Ils racontent leur "première fois"

Dans une vidéo humoristique intitulée "ma première fois", sous le hashtag #VoteForOurLives, actrices, acteurs, chanteuses et chanteurs, mais aussi rescapés de la fusillade du lycée de Parkland en Floride, ont appelé les jeunes à se mobiliser. 

Notre génération est le plus grand groupe d'électeurs du pays !

Une autre vidéo devenue virale interroge 15 jeunes militants qui avaient moins de 18 ans en 2016. Ils n'ont donc pas voté pour Hillary Clinton ou Donald Trump. Et là, ils voteront pour la première fois. 

Je vote pour mon avenir

Je vote pour l'avenir de notre planète

Pour la sécurité de la jeunesse transsexuelle

Pour ceux qui croient en la science

Pour l'égalité raciale

Je ne vote pas pour les démocrates ou les républicains, je vote pour  la sécurité des armes à feu

Les jeunes militants contre les armes sont très mobilisés

Les jeunes rescapés de la tuerie du lycée de Parkland en Floride se sont mobilisés au lendemain de la fusillade qui a fait 17 morts et 15 blessés en février dernier. 

Seulement cinq semaines après la tuerie, les élèves ont organisé une manifestation géante à Washington : March for Our Lives (manifestation pour nos vies). 

Objectif : sensibiliser la population aux dangers des armes à feu, dénoncer les discours des politiciens qui se contentent d'envoyer leurs "pensées et leurs prières " (thoughts and prayers) aux victimes de fusillades et inciter les Américains à se rendre aux urnes pour ces midterms. 

Depuis, le mouvement March For Our Lives a pris de l'ampleur. Les initiateurs du projet sont devenus des figures incontournables du paysage médiatique américain, en multipliant les interventions dans les médias, les manifestations et dans les établissements scolaires. 

Emma Gonzalez, elle-même rescapée de Parkland, a publié une tribune dans le New York Times le 5 octobre dernier avec un titre : 

A Young Activist’s Advice : Vote, Shave Your Head and Cry Whenever You Need To (le conseil d'une jeune militante : votez, rasez-vous la tête et pleurez quand vous en avez besoin)

Some people say, “I don’t pay attention to politics.” Others don’t have a choice (certains disent : "Je ne fais pas attention à la politique". D'autres n'ont pas le choix)

March for our lives en mars 2018 à Washington après la tuerie de Parkland (Floride)
March for our lives en mars 2018 à Washington après la tuerie de Parkland (Floride) © AFP / CHIP SOMODEVILLA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA

Puis au fil des mois, les jeunes ont organisé des événements dans les établissements scolaires pour aller plus loin et inciter les jeunes à voter.

Sur leur site web on peut lire : 

"On November 6th, we can elect morally just leaders who will help us end gun violence in the U.S. On November 6th, we can change the country. November 6: Save the date, save America" ("Le 6 novembre, on peut élire des leaders qui nous aideront à en finir avec la violence armée. Le 6 novembre, nous pouvons changer le pays").

En ce mois d'octobre 2018, les jeunes Parkland ont une autre mission : faire la promotion de leur livre, ouvrage qui raconte l'épopée de ce groupes de lycéens qui ont perdu leurs 14 amis et trois professeurs en ce 14 février 2018 et qui, du jour au lendemain, se sont retrouvés sous les feux de l'actualité.

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