Plus de 400 femmes se présentent cette année aux élections de mi-mandat de novembre, à des postes nationaux de sénatrices, de représentantes à la Chambre ou à des mandats locaux.

Midterms : l'amérindienne démocrate Deb Haaland candidate du Nouveau Mexico à la Chambre des Représentants
Midterms : l'amérindienne démocrate Deb Haaland candidate du Nouveau Mexico à la Chambre des Représentants © AFP / MARK RALSTON

Ces élections de mi-mandat peuvent être analysées comme l'aboutissement du mouvement #MeToo et des marches des femmes ayant suivi l'élection de Donald Trump. Il n'y a jamais eu autant de femmes candidates aux États-Unis. 

Les États-Unis enregistrent cette année un nombre record de femmes candidates au Sénat, à la Chambre des représentants et à des postes de gouverneur, selon le centre d'études Rutgers de l'Ingleton Institute of Politics. Et elles sont également très nombreuses à se présenter à des postes locaux. Au total, quelque 321 candidates démocrates et 106 candidates républicaines sont en lice.

Les démocrates portent la majeure partie de cette transformation : 182 candidates contre 52 à la chambre, 15 candidates contre 7 au Sénat et 12 candidates contre 4 pour les postes de gouverneur.

Des vidéos de campagne très "#MeToo"

Le mouvement de libération de la parole sur les agressions et le harcèlement sexuel et plus généralement sur la condition des femmes dans la société a entraîné aux Etats-Unis  des réactions en chaines, de manifestations jusqu'à dépôts de plaintes en passant par des clips de campagne très explicites...
Exemple avec la démocrate Ayanna Pressley, candidate à la Chambre des Représentants : 

Ayanna Pressley se présente comme une femme ayant survi à des abus sexuels lorsqu'elle était enfant, admirative de sa mère qui elle même a été victime de violences conjugales. Après s'être battue lors des primaires démocrates face à un candidat coriace dix fois élu, elle ne fait face à aucun candidat républicain pour les midterms et est donc assurée d'être élue. 

Alexandria Ocasio-Cortez est candidate démocrate à la Chambre des Représentants à New-York. Dans son clip de campagne, elle met en exergue sa féminité, se maquille dans sa salle de bain et change de chaussures à talons en attendant le métro...

MJ Hegar est candidate démocrate au Texas. Ex-pilote d'hélicoptère dans l'armée, trois fois en Afghanistan, féministe convaincue, elle milite contre toute forme de différenciation sociale entre hommes et femmes dans la société américaine, en particulier dans l'armée :

Certaines sont favorites

Dans le Tennessee, la représentante républicaine Marsha Blackburn possède un peu d'avance dans les sondages sur son rival démocrate Phil Bredesen (soutenu par la chanteuse Taylor Swift). 

Selon le Washington Post, 12 femmes ont une chance de l'emporter en novembre, toutes sont démocrates. 55 se retrouvent dans une bataille acharnée face à un adversaire favori, et 116 ont de forts risques de perdre. 

Christine Hallquist, peut-être bientôt première personne transgenre gouverneur aux États-Unis
Christine Hallquist, peut-être bientôt première personne transgenre gouverneur aux États-Unis © Maxppp / CJ GUNTHER/EPA/Newscom

Parmi les mieux placées : Christine Hallquist, une candidate transgenre démocrate, candidate au poste de gouverneur du Vermont. Elle pourrait entrer dans l'histoire en devenant la première personne transgenre gouverneur. 

Autre exemple : en Géorgie, État du sud, Stacey Abrams est candidate démocrate au poste de gouverneur. Elle va devoir se battre contre un concurrent pro-Trump, Brian Kemp. Si elle l'emporte, Abrams deviendra la première femme gouverneur en Géorgie, et la première noire à diriger un État.  

Enfin, au Kansas, Sharice Davids, candidate amérindienne démocrate affichée ouvertement lesbienne défendant les droits de la communauté LGBT pourrait obtenir un siège de représentante à la Chambre. 

Revers de la médaille : des candidates harcelées

Les femmes qui se présentent à des postes nationaux ou locaux sont la cible d'attaques sexistes sur les réseaux sociaux, signe que les temps changent très lentement. Mais cette année, on perçoit une différence. Jusqu'à présent, les candidates hésitaient à répondre aux attaques sexistes par crainte de retour de flammes ou par crainte de se positionner en victimes. Mais cette année, grace à l'émergence de #MeToo, elles réagissent. 

CNBC cite l'exemple de cette candidate démocrate dans le Nevada, Jacky Rosen. Elle se présente comme une femme du peuple. Ancienne serveuse, elle a gravi l'échelle sociale et a ouvert une société de consulting. Elle est candidate au Sénat américain. Son concurrent, le sénateur républicain Dean Heller, a tout de suite tenté de la discréditer, comme il est habituel de le faire envers des femmes. Heller l'a d'abord accusée de mentir sur son CV. 

Elle s'est inventé un diplôme en informatique. 

Une semaine plus tard, la candidate a dû rendre public son diplôme et prouver que chaque ligne de son CV était véridique.

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