À quelques jours des élections de mi-mandat aux États-Unis, les sondages donnent une avance pour les démocrates. La Chambre des représentants pourrait basculer à gauche. Dans la dernière ligne droite, le président américain multiplient les meetings pour rallier ses fidèles.

Donald Trump en meeting le 22 octobre au Texas
Donald Trump en meeting le 22 octobre au Texas © AFP / SAUL LOEB

Donald Trump sait à qui il s'adresse : il doit conserver son électorat, et le mobiliser en le galvanisant, quitte à multiplier les mensonges, les attaques faciles et les promesses populistes.  

Le nationalisme

Devant des électeurs blancs, masculins, issus de la classe ouvrière, quoi de mieux que miser sur le repli sur soi ? Trump l'a bien compris...

"Vous savez ce que je suis ? Je suis un nationaliste, ok ? Je suis un nationaliste"

L'immigration

Environ 7 000 migrants ont parcouru plus de 3 000 kilomètres entre le Guatemala et les États-Unis. Une vaste majorité vient du Honduras. 

Fuyant la violence criminelle, l'instabilité politique ou la misère, les migrants veulent se rendre aux Etats-Unis en dépit des déclarations du président américain Donald Trump. Cette "caravane de migrants" s'est transformée en aubaine pour Donald Trump qui bien sur s'est emparé du sujet lors de ses derniers meetings. Il s'engage à les stopper à la frontière entre le Mexique et les États-Unis en déployant au besoin son armée, et a menacé de couper les aides versées au Guatemala, au Honduras et au Salvador.

Certains ont même traversé un fleuve à la nage ou sur des embarcations pour entrer au Mexique, car la police mexicaine les attendait.

Selon le gouvernement mexicain, 1 700 personnes faisant partie de la caravane ont déposé une demande d'asile au Mexique. 

Trump a annoncé:  

J'envoie l'armée pour cette urgence nationale. Ils seront stoppés!

Le Pentagone a annoncé déployer 800 militaires à la frontière avec le Mexique, pour apporter un soutien logistique.

Trump veut même rallier les suprémacistes

À une semaine des élections, et après avoir agité le spectre d'une "invasion" de migrants, Donald Trump a affirmé mardi vouloir mettre fin, par décret, au droit du sol, inscrit dans le 14e amendement de la Constitution et qui stipule que tout enfant né sur le territoire américain a la nationalité américaine.  

Dans un entretien à Axios, Trump assure envisager de signer un décret pour que les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ne bénéficient plus de la nationalité américaine.  

La remise en cause, par décret présidentiel, de cet amendement devrait cependant se heurter à des obstacles juridiques majeurs. Même Paul Ryan, le chef des républicains à la Chambre des représentants, a expliqué au président, via les ondes d'une radio locale : "Vous ne pouvez évidemment pas faire cela".

L'épidémie des opioïdes

Après la Chambre des représentants, le Sénat a voté une loi bipartite pour tenter de réduire la crise des opioïdes. Il s'agit de la hausse subite aux États-Unis de la consommation de Vicodin, Fentanyl, OxyContin ou encore Percocet. Ces médicaments sont délivrés sur ordonnance mais un trafic à l'échelle du pays s'est organisé. Des dizaines de milliers de personnes décèdent chaque année d'overdose. 

Le texte est passé et il ne manque plus que la signature de Donald Trump. Or, le président affirme sur Twitter que les démocrates ont voulu bloquer le texte, ce qui est faux. 

Or, Trump sait que la population la plus touchée par cette épidémie est la même que celle qui a voté pour lui et qui le soutient encore aujourd'hui.

La haine contre les médias

Dans ses meetings, Donald Trump ne manque jamais de rappeler sa haine envers les médias, surtout CNN, qu'il qualifie régulièrement d'usine à fake news. Et la foule enchaîne... 

Ici au Texas : 

Là en Floride : "Les médias sortent des fausse informations, sans sources. ils disent qu'ils ont des sources mais dans la plupart des cas ils n'en n'ont pas. Ils ne veulent pas transcrire la vérité. Depuis deux ans ils ne comprennent pas ce qui se passe... Mais ils commencent à comprendre, je peux vous le dire" :

Les personnes transgenres

À quelques semaines des élections, l'administration Trump entend revenir sur la définition même des personnes transgenres. Le New York Times s'est procuré la première mouture d'un texte où la Maison blanche prévoit de revenir sur les droits et la protection des gens transgenres en réduisant la définition de genre mâle ou femelle déterminé par les organes génitaux à la naissance. Les défenseurs des droits des personnes transgenres ne sont pas surpris. Mais se mobilisent.

Et l'électorat trumpiste s'est emparé du sujet, à grands coups d'attaques homophobes et sexistes.

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