Calais, à la tombée du jour les migrants tentent de penetrer sur le site d'Eurotunnel
Calais, à la tombée du jour les migrants tentent de penetrer sur le site d'Eurotunnel © MaxPPP/La Voix du Nord/Baziz Chibane

Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, et son homologue britannique, Theresa May, sont ce jeudi matin à Calais où ils rencontrent les associations et les élus locaux. Les deux ministres signeront un texte commun pour lutter contre les passeurs, renforcer la sécurité mais aussi l'aide humanitaire aux migrants.

Ce nouvel accord franco-britannique insiste encore une fois sur la sécurité, avec des moyens financiers revus à la hausse. En septembre 2014, les deux pays avait décidé de créer un fond commun pour sécuriser le port de Calais. La Grande-Bretagne s'était alors engagé à verser 15 millions d'euros sur les trois prochaines années.

Le texte a un triple objectif : sécuriser le site d'Eurotunnel, lutter contre les passeurs, organiser l'aide humanitaire. Les explications de Yann Gallic.

Début août, le gouvernement britannique a promis de débloquer dix millions supplémentaires. Il s'agit cette fois de renforcer la sécurité dans le tunnel sous la Manche où les intrusions se sont multipliées cet été. Des centaines de migrants ont tenté de passer par le tunnel pour rejoindre l'Angleterre.

Cet accord prévoit également de nouvelles mesures sur le plan humanitaire. Car la situation est devenue explosive à Calais. Le Haut Commissariat aux Réfugiés des Nations Unies a même demandé à la France de mettre en place un plan d'urgence. Le centre d'accueil de jour situé en périphérie de Calais est complètement saturé. Aujourd'hui, plus de 3.000 migrants sont installés dans un vaste bidonville aux abords de ce centre, qui pourrait voir sa capacité d'accueil augmenter dans les prochains mois.

La maire de Calais exige une indemnisation pour sa ville

Profitant de la venue des deux ministres de l'Intérieur, Natacha Bouchart, la maire Les Républicains de Calais a demandé mercredi aux gouvernements français et britannique 50 millions d'euros de "compensations financières pour pallier les préjudices subis économiquement" par sa ville "depuis 15 ans", suite à l'afflux dans les environs de nombreux migrants. Natacha Bouchat menace même de porter plainte si elle n'obtient pas une réponse favorable à sa demande :

Si aujourd'hui on est capable de mettre un euro dans la sécurité et un euro dans l'humanité, on est capable de mettre un euro au niveau de l'économique. S'il n'y avait pas de réponse favorable, je me verrais dans l'obligation d'attaquer, de porter plainte contre le gouvernement, contre les services de l'État franco-britanniques pour en arriver à des jugements d'indemnisation.

Infographie Calais
Infographie Calais © Radio France
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