Moderne tout en restant dans l'idéologie impulsée par Fidel et Raul Castro, propulsé numéro 2 du PCC, Miguel Diaz Canel semble le successeur idéal pour accompagner la délicate transition du régime cubain.

Miguel Diaz Canel (à droite) aux côtés du président cubain Raul Castro.
Miguel Diaz Canel (à droite) aux côtés du président cubain Raul Castro. © AFP / JORGE BELTRAN

Miguel Diaz Canel, ingénieur en électronique, ancien professeur d’université de 57 ans, cumule deux qualités essentielles pour incarner l’ère post Castro à Cuba : il n’est pas militaire, préfère le jean à l’uniforme vert olive mais présente la garantie que les fondements de la Révolution seront préservés lorsqu’il accédera au pouvoir. 

Diaz Canel incarne donc le candidat idoine pour une transition délicate, tant espérée par la jeunesse cubaine mais surveillée de près par la vieille garde "guerillera".  

Miguel Diaz Canel n’a pas vécu la Révolution de 1959, mais en parfait élève a gravi, les uns après les autres, les différents échelons de l’organe central du pouvoir, le PCC (Parti Communiste Cubain). 

En 1994, il est nommé secrétaire général du parti dans sa province de Villa Clara. Le trentenaire aux cheveux longs se démarque déjà des autres responsables politiques en circulant à vélo au contact du reste de la population. A cette époque, il devient aussi le premier cadre du régime à autoriser la création d’un club accueillant les homosexuels, les lesbiennes et les travestis : El Mejunje

Dirigeant moderne

Toutes les activités culturelles, toutes les musiques interdites sur l’île, y trouvent alors un refuge et Miguel Diaz Canel cultive son image de dirigeant moderne, comme en 2003 où il intègre le club très fermé des 15 membres du bureau politique du PCC et surprend tout le monde en utilisant un ordinateur portable lors des réunions de travail

Une ascension exemplaire qui le mène au poste de ministre de l’Éducation nationale en 2009, lui ouvre les portes d’une des huit vice-présidences du Conseil des ministres en 2012 et enfin, l’année suivante, au rang de numéro 2 du régime, dans les pas du chef de l’État Raul Castro. 

Cette trajectoire fulgurante le désigne presque naturellement comme le successeur dont la "solide fermeté idéologique" rassure le chef de l’état en personne. Miguel Diaz Canel est aussi discret que le cadet des Castro, peu d’interviews, le futur leader cubain n’est pas un grand orateur mais sait convaincre lorsqu’il s’adresse aux autres membres du parti, comme dans cette vidéo enregistrée en août 2017, où il s’indigne de la manière dont sont accueillis les touristes américains à leur descente des bateaux de croisière. 

De quoi apaiser les vieux généraux, les "historiques" de la révolution avec lesquels il devra composer en accédant à la présidence du Conseil d’État.  Sans vouloir préjuger de la liberté d’action du futur chef de l’État cubain, le politologue Armando Chaguaceda s’interroge "peut-être arrivera-t-il à se libérer de cette vieille génération qui l’aura placé au pouvoir et continuera de le surveiller. S’il y parvient, peut être qu’il mettra en place une nouvelle politique… je dis bien peut être"

Ces militaires veilleront attentivement à ce que ce "jeune" civil, d’à peine 60 ans, dirige le pays en accord avec le PCC.  Le Parti Communiste Cubain, défini par la Consitution comme "la force directrice suprême de la société et de l’Etat, qui organise et oriente les efforts communs vers les nobles fins de la construction du socialisme". Un PCC que Raul Castro continuera de diriger jusqu’en 2021.

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