L'ONU a confirmé mercredi avoir mené au printemps 2014 une enquête sur des "accusations graves d'exploitation sexuelle et d'abus commis sur des enfants par des militaires français" en RCA avant le déploiement de la Minusca, sa mission dans le pays.

Ce rapport est précis et détaillé, relève le Guardian. Le quotidien britannique a pu avoir accès à ce document dont chaque page est estampillée "confidentiel". Les viols auraient été commis dans le camp de déplacés de M'Poko, près de l'aéroport de Bangui, la capitale Centrafricaine.

Sur place à Bangui, le reportage d'Anthony Foucher

C'était la nuit... On a vu des soldats donner des petits paquets aux enfants puis les violer. J'en ai même vu trois sur une fille...

Quatorze militaires français concernés

L'opération française Sangarisen Centrafrique

Elle a commencé en décembre 2013 pour tenter de casser la spirale de violences intercommunautaires dans ce pays. L'intervention, lancée après le feu vert de l'ONU et avec l'aval de l'UA, a mobilisé 1.200 militaires, remplacés ensuite par une force onusienne. Elle a permis de réduire en partie les violences, notamment dans la capitale Bangui, sans pour autant réussir à pacifier l'ensemble du territoire.

Les victimes sont des enfants, dont le plus jeune a neuf ans, des gosses de rues bien souvent, affamés et sans ressources. Un des garçons, 11 ans, raconte qu'il cherchait de la nourriture. Des soldats internationaux sont mis en cause, particulièrement les Français, qui auraient commis des atrocités dès le début du déploiement de la force Sangaris.

Certains témoignages sont plutôt précis sur les agresseurs présumés. Certains seraient identifiés grâce aux constatations faites sur place par les enquêteurs, recoupées avec les témoignages du rapport de l'Onu.

Aucun militaire français n'a pour l'heure été entendu et d'éventuelles auditions ne sont pas prévues

Les explications de Vanessa Descouraux

Le parquet de Bangui a annoncé jeudi avoir ouvert sa propre enquête.

Ce rapport avait été bouclé l'été dernier

L’ONU n'est jamais montrée très coopérative face à cette enquête, alors l'un de ses rédacteurs a décidé de faire fuiter le document, plutôt que de le voir ranger dans un placard. Il l'a envoyé à la justice française. Mais la vérité a semble-t-il un coût à l'ONU. Ce travailleur humanitaire a été suspendu.

Enquête ouverte à Paris

Le ministère de la justice a confirmé que le parquet de Paris avait ouvert le 31 juillet 2014 une enquête préliminaire portant sur ces accusations après avoir pris connaissance du rapport des Nations unies et que des demandes d'entraide avaient été faites à l'international.

Les explications de Sara Ghibaudo

Le ministère de la défense a quant à lui déclaré que l'armée française "a pris et prendra toutes les mesures nécessaires pour la manifestation de la vérité" sur les abus sexuels présumés de soldats français en Centrafrique :

François Hollande promet des sanctions exemplaires

"Si certains militaires se sont mal comportés, je serai implacable", a déclaré le chef de l'Etat et des armées à la presse lors d'un déplacement à Brest. "Si les faits sont avérés par la justice et le commandement militaire (...) il y aura des sanctions qui seront à proportion des faits qui auront été constatés, et si c'est grave, les sanctions seront graves, elles devront même être exemplaires", a poursuivi le président de la République :

Les sanctions seront exemplaires : aucune tâche ne doit écorner l'image de nos armées

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