Un commissariat de cette ville du nord des États-Unis a notamment été incendié. Les esprits s'échauffent après la mort, lundi, de George Floyd, homme noir de 46 ans, lors d'une interpellation brutale de la police.

Des manifestants ont incendié un commissariat.
Des manifestants ont incendié un commissariat. © AFP / Steel Brooks

À Minneapolis, la colère est encore montée d'un cran. Des manifestants ont incendié jeudi soir un commissariat de cette ville du nord des États-Unis, lors d'une troisième nuit d'affrontements contre la police. Les manifestants protestent après la mort lundi de George Floyd, un homme noir, lors d'une interpellation par la police.

Des milliers de personnes ont assisté à l'incendie du commissariat, dans les quartiers nord de la ville. Certaines d'entre elles ont forcé les barrières qui protégeaient le bâtiment et brisé ses vitres.

Des manifestants lèvent le poing alors que derrière eux le commissariat est en proie aux flammes.
Des manifestants lèvent le poing alors que derrière eux le commissariat est en proie aux flammes. © AFP / Kerem Yucel
Des manifestants en train de pousser une barrière à l'extérieur du commissariat.
Des manifestants en train de pousser une barrière à l'extérieur du commissariat. © AFP / Kerem Yucel

Les policiers avaient déserté l'endroit, selon les forces de l'ordre. "Peu après 22h00, dans l'intérêt de la sécurité de notre personnel, la police de Minneapolis a évacué le commissariat 3", a indiqué cette dernière dans un communiqué. Des heurts se sont produits, avec le pillage d'une trentaine de magasins et des incendies.

Un magasin de vente d'alcool, non loin du commissariat, a aussi été incendié.
Un magasin de vente d'alcool, non loin du commissariat, a aussi été incendié. © AFP / Kerem Yucel
Des manifestants rassemblés à côté du magasin, en proie aux flammes.
Des manifestants rassemblés à côté du magasin, en proie aux flammes. © AFP / Kerem Yucel
Un homme essaie d'éteindre seul une voiture incendiée.
Un homme essaie d'éteindre seul une voiture incendiée. © AFP / Steel Brooks

George Floyd, afro-américain de 46 ans, est mort lundi soir juste après avoir été arrêté par la police, qui le soupçonnait d'avoir voulu écouler un faux billet de 20 dollars. Lors de l'intervention, il a été plaqué au sol par un agent, Derek Chauvin, qui a maintenu son genou sur son cou pendant de longues minutes. Certains manifestants ont ainsi crié hier soir "I can't breathe", "Je ne peux plus respirer", les mots que l'on entend Gorge Floyd prononcer dans un enregistrement de son arrestation, devenu viral.

Les quatre agents impliqués ont été licenciés et les autorités locales et fédérales enquêtent. Mais aucune inculpation n'a encore eu lieu, ce qui alimente colère et frustrations. Hier soir à Minneapolis, certains manifestants ont brandi des pancartes avec des messages de soutien à la communauté afro-américaine, ou contre Derek Chauvin, le policier qui a plaqué George Floyd au sol :

Les manifestants se sont rassemblés devant le commissariat en feu. Dans la foule, des pancartes, avec notamment le slogan "Black Lives Matter", "La vie des Noirs compte".
Les manifestants se sont rassemblés devant le commissariat en feu. Dans la foule, des pancartes, avec notamment le slogan "Black Lives Matter", "La vie des Noirs compte". © Getty / Scott Olson
"Derek Chauvin est un meurtrier", dit cette pancarte, en référence au policier impliqué dans la mort de George Floyd.
"Derek Chauvin est un meurtrier", dit cette pancarte, en référence au policier impliqué dans la mort de George Floyd. © Getty / Scott Olson

Le gouverneur de l'État du Minnesota, Tim Walz, a signé un décret pour autoriser l'intervention de la garde nationale. Deux cent policiers de l'État, ainsi que des hélicoptères, doivent également être envoyés sur place. "La mort de Gorge Floyd doit apporter de la justice et des réformes de fond, pas plus de morts et de destruction", a estimé le gouverneur dans un communiqué.

De journalistes arrêtés puis relâchés

Le gouverneur a également présenté ses "plates excuses" au président de CNN : une équipe de la chaîne américaine d'information en continu a été arrêtée par la police vendredi matin, alors qu'elle couvrait en direct les événements. Les trois membres ont été relâchés moins de deux heures après. L'interpellation, filmée par un caméraman de la chaîne, a provoqué l'indignation sur les réseaux sociaux :

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