Après un an de règne sur l'Arabie saoudite, l'héritier du trône, surnommé MBS, rend une copie en demi-teinte à la fois au regard de l’occident qu'au sein du golfe arabo-persique. Depuis un an, des réactions autoritaires alternent avec les gages d'ouverture.

Pour le moment, le nouveau dirigeant saoudien n'a convaincu ni les Arabes ni les Européens.
Pour le moment, le nouveau dirigeant saoudien n'a convaincu ni les Arabes ni les Européens. © AFP / BANDAR AL-JALOUD

Il est jeune – 32 ans – et dirige un État séculaire, l’Arabie saoudite. Depuis son arrivée au pouvoir en juin 2017, Mohammed Ben Salman (MBS) a bouleversé fondamentalement le fonctionnement d’une des plus conservatrices et des plus puissantes pétromonarchies du monde. Passage en revue des principaux chantiers ouverts par le monarque :

La lutte contre la corruption… ou contre les opposants

Des centaines d'opposants ont été arrêtés par le régime au nom de la guerre à la corruption. Membres de la famille royale, ministres, homme d'affaires, religieux... Nul n'a été épargné. Cette opération mains propres a aussi rapporté beaucoup d'argent, sous forme d'avoirs immobiliers, de titres et aussi d'espèces puisque les personnes accusées de corruption ont dû payer en tout 107 milliards de dollars pour retrouver la liberté. Par ailleurs, ces arrestations ont eu lieu dans un climat de menaces et de violence. 

Le rôle des femmes dans la société

Les Saoudiennes pourront bientôt conduire ; des permis leur sont d'ores et déjà accordés. MBS avait levé l'interdiction pour les femmes de tenir le volant en septembre dernier. Il y a de plus en plus d'espaces mixtes dans ce pays, ouverts aux hommes et aux femmes. Avant MBS, il n'y en avait quasiment pas. Mais cette ouverture reste fragile : plusieurs femmes militantes de la cause féministe ont récemment été arrêtées ou menacées par le régime. 

Les religieux aussi malmenés

Le pouvoir religieux a perdu de sa puissance en Arabie saoudite. N'hésitant pas à critiquer les autorités religieuses, MBS poursuit la stratégie familiale, celle des Saoud, qui ont toujours privilégié le nationalisme au wahhabisme. La dynastie ne lâche rien de son pouvoir, pas même au profit des oulémas, les chefs religieux, qu'elle continue à nommer et à contrôler. Pour preuve, l'ouverture à Riyad, la capitale, d'un cinéma en avril dernier. Premier film diffusé : le blockbuster Black Panther, devant un public mixte.

Les Saoudiens ont aussi pu assister à quelques concerts. Notamment celui d'une chanteuse libanaise qui se pressentait sans voile face à un public féminin très nombreux. Plus inhabituel encore, un festival de jazz s'est déroulé pour la première fois dans le pays. 

Les changements sociétaux sont réels mais, dans le même temps, le pouvoir est de plus en plus autoritaire.

Stéphane Lacroix, spécialiste de l'Arabie saoudite, l'explique au micro de Christian Chesnot :

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"Les Saoudiens sont heureux et effrayés toute à la fois par ce nouveau régime" estime Stéphane Lacroix.

Par Christian Chesnot
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