Les frappes américaines décidées en réponse à l'attaque chimique contre la ville de Khan Cheikhoun, ont fortement mécontenté le président russe.

Moscou est en colère mais ne coupe aucun pont pour l'instant
Moscou est en colère mais ne coupe aucun pont pour l'instant © AFP / Ivan Sekretarev

Vladimir Poutine a du se réveiller de fort mauvaise humeur ce vendredi matin, en découvrant que Donald Trump, premier leader américain avec lequel il pouvait espérer une concordance de vue sur la Syrie, a frappé pendant la nuit le régime de Bachar al-Assad et l'a défié sur son terrain, la Syrie, où il était le maître du jeu depuis 2015.

Deux navires de guerre américains, le USS Porter et le USS Ross croisant en Méditerranée orientale, ont tiré vers 2h40 heure de Paris, 59 missiles de croisière Tomahawk contre la base de Chayrat près de Homs au nord de Damas, présentée par le Pentagone comme ayant servi à stocker les armes chimiques utilisées dans l'attaque sur le village de Khan Cheikhoune.

Si Moscou pensait que l'actuel président américain serait plus facile à gérer que Barack Obama, ce n’est désormais plus le cas, malgré toutes les déclarations de Donald Trump durant la campagne, et même les soupçons de collusion de certains de ses collaborateurs. Le président américain est juste beaucoup plus imprévisible que ses prédécesseurs.

Par la voix de son porte-parole Dmitri Peskov, Vladimir Poutine a dénoncé le raid américain comme étant "une agression contre une nation souveraine", la Syrie, en se servant d'un "prétexte fallacieux", celui d'une attaque présumée à l'arme chimique. Car Moscou affirme que le régime syrien ne dispose pas d'armes chimiques et explique que le drame de mardi est le résultat d'une fuite émanant d'un dépôt d'armes chimiques appartenant à des rebelles à la suite d'une frappe aérienne.

Washington avait prévenu Moscou

Des responsables américains ont précisé avoir informé la Russie avant les tirs de missiles et avoir pris soin de ne pas viser la partie de la base de Chayrat sur laquelle se trouvaient des troupes russes. Les Russes ont confirmé avoir été prévenus, mais juste deux heures avant les bombardements. Moscou a du coup suspendu ses communications avec l'armée américaine destinées à empêcher les avions des deux pays d'entrer en collision au-dessus de la Syrie.

Vladimir Poutine a dénoncé une "agressioncausant un préjudice considérable aux relations russo-américaines". Malgré cela, la visite de Rex Tillerson la semaine prochaine à Moscou ne semble pas, malgré tout, remise en cause par ce regain de tension. Le secrétaire d'Etat rencontrera son homologue Sergueï Lavrov et, selon toute vraisemblance, Vladimir Poutine. Il est fort probable que les discussions porteront essentiellement sur la Syrie.

Claude Bruillot est notre correspondant à Moscou

Moscou collabore à la défense syrienne

La Russie, principal allié du président syrien, le soutient par des frappes aériennes depuis septembre 2015 et lui fournit des conseillers militaires. Moscou a déployé depuis octobre 2015, des batteries de défense anti-aérienne sur le sol syrien, capables, en principe, de mettre à mal n'importe quelle attaque aérienne. Pourtant ces batteries sont restées silencieuses quand les missiles Tomahawk américains se sont abattus sur la base d'al-Chaaryate. Les Américains ont-il pu contourner cette défense antiaérienne ou n'a-t-elle pas été activée ? Le porte-parole de l'armée russe a annoncé que les défenses anti-aériennes de l'armée syrienne vont être "renforcées".

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.