L'agglomération de la capitale russe, encerclée par des dizaines de décharges, suffoque face à la quantité de déchets qui l'entoure. Après que des enfants ont dû être hospitalisés courant mars, des habitants réclament l'installation d'usines de recyclage plutôt que d'incinérateurs.

Des dizaines de décharges sont présentes en Russie et étouffent les populations environnantes
Des dizaines de décharges sont présentes en Russie et étouffent les populations environnantes © AFP / MIKHAIL MORDASOV

Selon Greenpeace, la Russie produit 70 millions de tonnes de déchets par an, dont  11 millions (soit 16%) rien que pour Moscou et ses environs. Or seule une centaine de villes russes ont mis en place des dispositifs de tri sélectif. En dix ans, le volume de déchets a augmenté de 30%, mais seuls 2% d'entre eux sont incinérés, et 7% recyclés.

Et le reste ? Tout va dans des décharges. Autour de Moscou, 24 décharges insalubres ont fermé en cinq ans, mais 15 autres sont toujours ouvertes. "La plupart ont été créées il y a 50 ans, sans aucune technologie de traitement du gaz et des eaux usées", reconnait le ministre de l'Écologie russe. 

Intoxications

Conséquence : les habitants des villes autour de Moscou subissent les vapeurs et les odeurs de ces immenses montagnes d'ordures. En mars, à Volokolamsk, au nord-ouest de la ville, une cinquantaine d'enfants ont dû être hospitalisés et placés en assistance médicale, après avoir été intoxiqués par un gaz toxique venant d'une décharge.

Ces hospitalisations ont donné lieu, fait rarissime en Russie, à des manifestations. "Personne ne fait attention au problème tant qu'il n'y a pas une émission de gaz, une fuite d'eau polluée ou un incendie dans une décharge", explique Alexeï Kisseliov, responsable de Greenpeace en Russie.

Incinérer ou recycler ?

La gouvernement russe, qui a d'abord demandé aux Pays-Bas de lui fournir un système d'élimination des gaz toxiques (dont elle ne dispose pas à l'heure actuelle), a promis de construire cinq usines d'incinération de déchets, dont quatre dans la région de Moscou. Les deux premières devront être ouvertes en 2021, avec un objectif de 700 000 tonnes de déchets incinérés chaque année.

Mais la population locale s'oppose à la construction de ces incinérateurs géants dont elle redoute l'impact sur l'environnement, et demande plutôt la mise en place de centres de recyclage et de tri. Une pétition circule dans la ville de Naro-Fominsk et a réuni 4 000 signatures avant d'être envoyée à Vladimir Poutine. Le directeur du projet assure que "ces usines ne sont absolument pas dangereuses" et que 500 incinérateurs similaires ont été construits dans le monde.

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