Les troupes irakiennes sont entrées dans la banlieue est de Mossoul.

L'arrivée des forces irakiennes dans Mossoul signalée par France 24 le 1er novembre vers 11h30
L'arrivée des forces irakiennes dans Mossoul signalée par France 24 le 1er novembre vers 11h30 © France 24

La partie est de la ville de Mossoul était la zone la plus facile à atteindre. Elle représente à peu près la moitié de la ville. Il faut encore franchir une dizaine de kilomètresde zone urbaine avant d'atteindre le fleuve, le Tigre.

Sur place les soldats ont rencontré une forte résistance et ont dû recourir à l'appui aérien de la coalition.

C'est une première étape avant la libération de Mossoul qui pourrait prendre beaucoup de temps, car la bataille est loin d'être finie estime le Général Dominique Trinquand, ancien chef de la Mission française auprès de l'ONU.

"Les faubourgs de la ville sont pris, c'est important mais c'est la partie la plus facile. La semaine sera décisive pour voir la volonté des djihadistes de résister. Ils ont les atouts de défendre Mossoul pendant longtemps."

Lundi, les troupes irakiennes sont parvenues à prendre position dans le village de Gogjali, c'est-à-dire à 700 mètres de l'entrée de Mossoul. Mardi matin, elles ont encore progressé malgré les combats et se trouvent désormais dans les "faubourgs de Mossoul", à l'est de la ville, selon un général irakien.

Avec le soutien de l'aviation et de l'artillerie de la coalition internationale menée par les États-Unis, l'armée irakienne, les peshmergas et des unités paramilitaires, mènent la bataille sur plusieurs fronts.

les forces populaires irakiennes photographiées par Reuters et montrées par Daily Mail Online au moment d'un assaut en banlieue de Mossoul
les forces populaires irakiennes photographiées par Reuters et montrées par Daily Mail Online au moment d'un assaut en banlieue de Mossoul © Reuters / Reuters - DailyMail Online

Au sud, le long du Tigre, les forces irakiennes sont encore à plusieurs dizaines de kilomètres de Mossoul mais plus à l'ouest, une partie des troupes remontent vers le nord. Il s'agit pour les militaires irakiens de couper au plus vite la route entre Mossoul et la frontière syrienne. C'est également entre Mossoul et la frontière syrienne que des unités paramilitaires mènent une offensive afin de reprendre Tal Afar aux djihadistes.

Au nord de Mossoul, après avoir consolidé leurs positions, les combattants kurdes avec le soutien des troupes étrangères devraient se lancer à nouveau dans la bataille. Dans ce secteur nord, troupes irakiennes et peshmergas sont moins de 20 kilomètres de Mossoul.

Les troupes irakiennes dans la banlieue est de Mossoul
Les troupes irakiennes dans la banlieue est de Mossoul © Visactu / Visactu

Mossoul, du bastion baassiste à la proclamation du Califat du groupe Etat Islamique

Sa population actuelle est estimée à près d'un million et demi d'habitants, surtout des arabes sunnites.

Dernier bastion du parti Baas de l'ancien dictateur Saddam Hussein, puis place forte d'Al-Qaïda, la ville tombe sans véritable résistance aux mains des jihadistes de l'EI le 10 juin 2014. C'est à Mossoul qu'ils choisissent de proclamer le 29 juin 2014 leur califat à cheval entre la Syrie et l'Irak.

Ville majoritairement sunnite dans une région à majorité kurde, elle comptait traditionnellement de nombreuses minorités (Kurdes, Turcomans, chiites, chrétiens...). Des dizaines de milliers d'habitants, dont certains sont ensuite revenus, avaient fui les jihadistes, notamment la plupart des milliers de chrétiens confrontés à un ultimatum de l'EI en juillet 2014: se convertir à l'islam, payer une taxe spéciale ou quitter la ville sous peine d'être exécutés.

Dès juillet 2014, l'EI s'en est pris aux mausolées chiites et aux sanctuaires, souvent richement décorés. Le groupe a dynamité la mosquée abritant la tombe du prophète Jonas (Nabi Younès) et le sanctuaire de Seth (Nabi Chith) considéré comme le troisième fils d'Adam et Eve dans les traditions juive, chrétienne et islamique.

En février 2015, les jihadistes se sont filmés en train de vandaliser les trésors du musée de Mossoul datant notamment des périodes assyrienne et hellénistique. Durant l'été 2016, la coalition internationale a lancé de nombreux raids autour de la ville.

La vie après l'organisation Etat Islamique

Une fois que les forces irakiennes seront aux périphéries de Mossoul, elles devraient assiéger la ville en laissant toutefois des couloirs humanitaires pour que les civils puissent fuir. Elles passeront ensuite aux combats de rue avec les quelques 3.000 à 5.000 jihadistes encore retranchés à Mossoul selon des estimations américaines.

A ce jour, plus de 17.900 personnes ont fui leur foyer depuis le lancement de la bataille, selon l'Organisation internationale des migrations (OIM).

Mais les organisations humanitaires s'activent à élargir la capacité des camps d'accueil d'urgence pour les déplacés, l'ONU estimant que plus d'un million de personnes pourraient fuir lorsque les combats toucheront directement la ville.

Dans les villages libérés de l'EI aux alentours de Mossoul, les habitants reviennent voir leurs maisons mais ils ne pourront pas se réinstaller avant des mois, le temps que les bombes et mines disséminés par l'EI soient désactivées.

L'EI qui avait conquis de vastes portions du territoire irakien en 2014 a depuis perdu du terrain et de grandes villes reprises par les forces irakiennes.

Evolution de la bataille de Mossoul depuis le 17 octobre
Evolution de la bataille de Mossoul depuis le 17 octobre © AFP / Kun TIAN Sabrina BLANCHARD Thomas SAINT-CRICQ
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