Grièvement blessé, le grand reporter Stephan Villeneuve n'a pas survécu à ses blessures. Son fixeur kurde a été tué sur le coup et deux autres journalistes ont été blessés.

Dans la ville occupée de Mossoul, des milliers de personnes servent de "boucliers humains" au groupe État islamique et les rues sont piégées
Dans la ville occupée de Mossoul, des milliers de personnes servent de "boucliers humains" au groupe État islamique et les rues sont piégées © Reuters / Alkis Konstantinidis

Le journaliste français Stephan Villeneuve n'a pas survécu à ses blessures. Grièvement blessé lundi dans l'explosion d'une mine à Mossoul en Irak qui a coûté la vie à un autre journaliste, leur fixeur kurde Bakhtiyar Addad, le grand reporter est décédé dans la nuit dans la base militaire américaine où il a été pris en charge.

L'explosion, survenue lundi matin, a également grièvement blessé sa collègue, la journaliste Véronique Robert qui effectuait un reportage sur la bataille de Mossoul pour le magazine de France 2 Envoyés Spécial, et plus légèrement le reporter Samuel Forey, qui couvre le conflit en Irak contre le groupe État islamique depuis l'automne 2016 pour Le Figaro, Télérama et Les Inrocks. Tous deux ont été pris en charge dans l'hôpital de cette même base militaire.

Des boucliers humains et des mines dans les rues

Ces journalistes accompagnaient les forces spéciales irakiennes dans la bataille pour reconquérir la deuxième ville d'Irak des mains du groupe État islamique, où quelque 100.000 civils sont "retenus comme boucliers humains" par les djihadistes, selon l'ONU. Dans la ville occupée, les rues sont souvent piégées, minées, et la progression y est très difficile.

L'Irak est l'un des Etats les plus meurtriers pour les journalistes. Selon Reporter sans frontières, qui annonçait l'explosion lundi, le conflit en Irak a fait 26 morts parmi les journalistes professionnels ou non depuis 2014. Depuis le début de la bataille de Mossoul en octobre 2016, RSF a recensé trois journalistes tués. L'organisation rappelle également que 10 journalistes ou collaborateurs des médias, tous irakiens, sont toujours détenus par les combattants du groupe État islamique, depuis maintenant près de deux ans.

Dans son communiqué, France Télévisions a salué le professionnalisme de l'équipe envoyée pour Envoyé Spécial : "La direction et les équipes de France Télévisions s'associent à la douleur de sa compagne Sophie, de ses quatre enfants, de sa famille et de tous ses proches. Elles leur présentent leurs plus sincères condoléances."

Légèrement blessé au bras et au visage, et très choqué, le journaliste français Samuel Forey s'est dit "immensément triste" sur son compte Twitter.

Selon les chiffres disponibles sur le site de RSF, le nombre de journalistes tués en Irak depuis le début de l'année est désormais de quatre, plaçant le pays en première position des pays les plus meurtriers pour la profession, à égalité avec le Mexique.

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