Alors que Donald Trump se déplace ce mardi au Texas, des voix s'élèvent pour faire le lien entre réchauffement climatique et violence de l'ouragan Harvey.

Toute la ville de Houston et sa banlieue sont sous les eaux
Toute la ville de Houston et sa banlieue sont sous les eaux © Reuters / Adrees Latif

Sur les réseaux sociaux, les anti-Trump reprochent à au président des États-Unis de s'être entouré de climato-sceptiques et d'avoir complètement retourné la politique américaine en matière de protection de l'environnement, notamment en se retirant des accords de Paris.

Traduction : Il est temps de dire la vérité et d'appeler un chat un chat : cet ouragan sans précédent est dû au changement climatique.

Quand vous voterez en 2018 [NDLR : pour les élections de mi-mandat], assurez-vous que le changement climatique est l'une des raisons de votre choix ; nous n'avons plus le temps de débattre.

Le 27 août, jour où Harvey s'est abattu sur le Texas, l'organisation créée par l'ancien vice-président Al Gore rappelle que les niveaux des océans augmentent en ce moment plus vite qu'à n'importe quelle période de ces 2 800 dernières années. Et que l'homme y a largement contribué.

N'oubliez pas que selon de nombreux conservateurs, s'adapter au changement climatique coûtera moins cher que faire de la prévention.

Températures plus chaudes=mers plus chaudes=ouragans plus violents

Harvey, et plus généralement n'importe quelle tempête, sont-ils dus au réchauffement climatique ? Selon les scientifiques, même s'il n'est pas facile de répondre à cette question, certains éléments scientifiquement démontrés laissent penser que le nombre d'ouragans n'est pas plus élevé qu'avant. En revanche, leur force est bien plus importante. En dix ans, quatre ouragans majeurs ont secoué les États-Unis (Katrina, Sandy, Ike et Harvey). En fait, les tempêtes ne sont pas créées par le réchauffement climatique, mais ce réchauffement les renforce.

Le niveau des mers augmente. Cela est attribuable en partie à l'activité de l'homme, comme les forages pétroliers par exemple. Le niveau des mers attribuable au changement climatique est supérieur d'environ 15 centimètres par rapport à il y a quelques décennies. Cela signifie que la brusque montée des eaux qui a accompagné Harvey est de 15 centimètres supérieure, et que l'eau de l'océan a envahi les terres, causant donc de plus gros dommages. La chaleur accumulée dans les océans a également favorisé l’accumulation d’humidité dans l’atmosphère.

Pluies historiques à Houston, et partout au Texas. Les inondations sont sans précédent, et on attend encore de la pluie.

En réponse à Donald Trump : "Oui...sans précédent... Peut-être un lien entre une météo extrême et le changement climatique ?"

Les cyclones sont une accumulation de nuages s’enroulant en spirale. Ils se forment dans les mers chaudes car la température de l'eau doit être supérieure à 26°C sur 60 mètres de profondeur.

De plus, les températures en surface de l'eau dans la région ont augmenté d'environ 0,5 degré ces dernières années, passant de 30 degrés à 30,5. Les températures à la surface de la mer dans la région où Harvey s'est intensifié étaient d'environ 1 degré plus chaudes que les températures habituelles dans cette région. Il est donc facile de faire un lien entre la violence de Harvey et le réchauffement. Non seulement la surface des eaux du Golfe du Mexique est plus chaude que d'habitude, mais Harvey s'est en quelque sorte nourri également d'une couche d'eau chaude plus profonde en approchant des côtes.

Les pluies diluviennes sur le Texas devraient continuer pendant au moins trois jours encore
Les pluies diluviennes sur le Texas devraient continuer pendant au moins trois jours encore © Visactu / Visactu

Enfin, un autre facteur climatique peut expliquer la violence d'Harvey : s'il a été aussi dévastateur, c'est parce qu'il est resté bloqué au dessus de la région de Houston près de la côte, où il s'est transformé en déluge sans fin. Si Harvey est resté au dessus d'une zone, c'est parce que les vents qui l'accompagnaient n'étaient pas assez forts pour le repousser loin de la mer, le faisant tourner et aller et venir sans direction. Cette situation est due à une forte pression atmosphérique due elle-même au réchauffement climatique.

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