L'armée afghane transporte un blessé après le bombardement samedi à Kunduz
L'armée afghane transporte un blessé après le bombardement samedi à Kunduz © MaxPPP

En Afghanistan, l'ONG Médecins sans Frontières (MSF) a évacué son personnel de la ville de Kunduz. La décision a été prise le lendemain du bombardement de cet hôpital qui a causé la mort de 19 personnes.

La fermeture du centre de soins de MSF est un coup terrible pour la population de Kunduz. Les civils sont pris dans les combats entre l'armée afghane et les rebelles talibans pour le contrôle de cette grande ville du nord afghan.

Seul établissement capable de soigner les blessures de guerre

Le centre de MSF est le seul établissement capable de soigner les blessures de guerre les plus graves dans le nord-est de l'Afghanistan. "L'hôpital de MSF n'est plus en état de fonctionner. Les patients qui se trouvent dans un état critique ont été transférés vers d'autres établissements médicaux. Plus aucun employé de MSF ne travaille dans l'hôpital", a expliqué Kate Stegeman, porte-parole de l'ONG en Afghanistan sans préciser si le centre de traumatologie de Kunduz rouvrira ou pas.

Tragédie devenue une polémique

La tragédie est rapidement devenue une polémique. En effet, l'ONG a affirmé avoir transmis préventivement les coordonnées GPS de son hôpital aux armées afghane et américaine. Pourtant, les bombardements se sont poursuivis "pendant plus de 45 minutes" après que l'ONG a averti les armées afghane et américaine que son centre de Kunduz été l’objet de frappes. "Les impacts étaient très ciblés, toujours sur le même bâtiment. L'avion est parti, puis il est revenu pour redonner suite à une série d'impacts, exactement sur le même bâtiment", a raconté Bart Janssens, directeur des opérations de MSF.

Pas d'excuses d'Obama

Vingt-quatre heures après les faits, le président américain Barack Obama a présenté ses "plus profondes condoléances" mais il a dit attendre les résultats de l'enquête "avant de porter un jugement définitif sur les circonstances de cette tragédie". Pourtant, l'ONU, peu de temps après le bombardement, est vite montée au créneau parlant d’un bombardement d'"inexcusable". La frappe aérienne pourrait relever du "crime de guerre" si elle était jugée "délibérée par la justice", a par ailleurs déclaré le Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'Homme Zeid Ra'ad Al Hussein. Une colère reprise à son compte par MSF et sa présidente, Meinie Nicolai, qui a même refusé que le terme de "dommages collatéraux" soit accolé à cette "tragédie".

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