Un peu plus de 26 millions de sud-africains sont appelés à élire de nouvelles municipalités. Plusieurs grandes villes pourraient infliger une sanction à l'ANC au pouvoir.

La DA (opposition) compte sur son leader Mmusi Maimane pour arracher plusieurs grandes villes des mains de l'ANC
La DA (opposition) compte sur son leader Mmusi Maimane pour arracher plusieurs grandes villes des mains de l'ANC © Maxppp / Kevin Sutherland

Johannesburg, Port Elizabeth, Pretoria. Trois villes sud-africaines dirigées par l’ANC (Congrès National Africain) depuis la fin du régime de l’apartheid, et qui pourraient tomber ce mercredi, jour d’élections municipales dans tout le pays, entre les mains de l’opposition.

C’est en tout cas l’objectif affiché de la DA (Alliance Démocratique, centre-droit), qui dirige déjà la cille du Cap. Pour y parvenir, le parti compte sur son jeune dirigeant noir, Mmusi Maimane, 36 ans, promu l’an dernier à la tête de cette formation longtemps vue comme favorable à la minorité blanche pour attirer les déçus de l'ANC.

Ces élections municipales pourraient déboucher sur une défaite historique du parti de Nelson Mandela, au pouvoir depuis 1994, et habitué aux victoires faciles lors des élections locales comme nationales. Mais la donne a changé, face à un contexte économique difficile et aux scandales qui entourent le président Jacob Zuma.

Le président Zuma sur la sellette en cas de défaite ?

Avec une croissance qui devrait rester quasi nulle cette année, les promesses de faire baisser le chômage (26%) sont difficiles à tenir. Plusieurs zones du pays sont de plus toujours privées des services publics de base comme l'eau ou l'électricité, accentuant le mécontentement des plus défavorisés qui estiment que trop peu de progrès ont été faits depuis la fin de l'apartheid.

Par ailleurs, ces derniers mois, l'image du président Zuma a également été sérieusement écornée. La justice a demandé au chef de l'Etat de rembourser 500.000 dollars d'argent public utilisés pour rénover sa résidence privée et la menace de poursuites pour corruption dans une affaire de contrat d'armement plane sur lui.

Autre parti en embuscade, les Combattants pour la Liberté Economique (EFF), une formation de gauche radicale, dirigée par le populiste Julius Malema, et qui participe pour la première fois à un scrutin municipal. Grâce à un discours fort sur la réappropriation des terres par la majorité noire et la nationalisation des mines, les EFF veulent grignoter des parts de l'électorat le plus radical de l'ANC.

Un revers dans l'une ou plusieurs de ces villes serait assurément vu comme un échec retentissant pour le parti au pouvoir et placerait le président Zuma dans une position inconfortable, voire intenable, à trois ans de la fin de son deuxième et dernier mandat.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.