Un juge fédéral de Seattle a temporairement suspendu le décret anti-immigration de Donald Trump. Un blocage qui s'applique sur l'ensemble des États-Unis.

De nombreuses voix se sont élevées partout dans le monde pour protester contre le décret anti-immigration de Donald Trump
De nombreuses voix se sont élevées partout dans le monde pour protester contre le décret anti-immigration de Donald Trump © AFP / Recep Sakar / ANADOLU AGENCY

Un bras de fer a débuté entre la justice américaine et Donald Trump. James Robart, juge fédéral de Seattle, a bloqué vendredi le décret anti-immigration visant sept pays à majorité musulmane. Une suspension temporaire à laquelle la Maison Blanche a sans tarder promis de répliquer.

L'injonction du juge Robart est valable immédiatement et sur l'ensemble du territoire américain, le temps d'examiner la plainte déposée lundi par le ministre de la Justice de l'État de Washington, Bob Ferguson.

Dans un communiqué publié très rapidement après cette décision, la Maison Blanche a annoncé que "le ministre de la Justice entend déposer une injonction d'urgence pour" faire appliquer le décret et annuler la décision du juge Robart. Dans ce premier communiqué, Washington a qualifié de "scandaleuse" la décision de James Robart. Un terme qui a été retiré de la seconde version du communiqué, envoyée quelques minutes plus tard.

"Une balle dans le pied de la lutte contre le terrorisme"

Les juges fédéraux de plusieurs autres Etats ont également statué contre l'interdiction depuis qu'elle a été décrétée vendredi dernier, notamment en Californie et dans l'État de New York, mais la décision du juge Robart est celle dont la portée est la plus vaste. Elle a été saluée par le démocrate Ferguson, qui a ajouté que "personne n'est au-dessus de la loi, pas même le président".

Le gouverneur de l'Etat de Washington Jay Inslee a lui aussi évoqué une "victoire éclatante" mais averti que la bataille pour son retrait n'était pas terminée. Un avis partagé par Bob Ferguson qui a dit sur la chaîne CNN, qu'il ne serait "pas surpris" si ce bras de fer se termine "à la Cour Suprême".

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Aux Etats-Unis, le décret a été qualifié de "propagande d'une portée inimaginable" pour les djihadistes par cinq sénateurs démocrates dans un courrier adressé au secrétaire américain à la Défense. Deux sénateurs républicains, John McCain et Lindsey Graham, avaient déjà estimé qu'il équivalait à "se tirer une balle dans le pied de la lutte contre le terrorisme".

Des conséquences incertaines pour les voyageurs

Dans l'immédiat, les conséquences sur les voyageurs des pays visés restaient incertaines, le département d'État ne pouvant pas encore faire part "de tout changement affectant les voyageurs vers les États-Unis".

Depuis la publication du décret, la Maison Blanche fait état de l'interpellation de quelque 109 personnes résidant légalement aux États-Unis, dans les aéroports américains le week-end dernier. Des centaines d'autres étaient empêchées d'embarquer à destination des Etats-Unis. Plus de 60 000 visas attribués à des ressortissants des sept pays visés ont par ailleurs été révoqués, peut-être même 100 000, selon les déclarations d'un avocat du ministère de la Justice devant un tribunal en Virginie.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté vendredi soir, pour la deuxième journée consécutive, à New York, où un important rassemblement anti-Trump à l'appel de la communauté gay est prévu samedi.

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