Dans le monde, 6 filles sont excisées chaque minute et de plus en plus jeunes. En 2016, 30 pays pratiquent toujours la mutilation des femmes.

Au Kenya, un homme montre le logo d'un T-shirt qui lit "Stop the Cut"
Au Kenya, un homme montre le logo d'un T-shirt qui lit "Stop the Cut" © Reuters / Siegfried Modola

L’institut national d’études démographiques (Ined) dresse un état des lieux de ces violences faites aux femmes qui ne diminuent pas. En 2016, l’Unicef estimait le nombre de femmes ayant subi des mutilations génitales à au moins 200 millions et ceci dans 30 pays différents.

Sur ces 30 pays, 27 se trouvent dans une large bande centrale allant de l’ouest à l’est du continent africain. A ceux là il faut ajouter le Yémen, l’Irak et l’Indonésie.

Elles vivent aux Etat-Unis ou en Europe mais seront tout de même mutilées

L'Ined n'a pas encore de statistiques globales concernant les femmes originaires de pays à risque et vivant dans des pays d’immigration. mais là où ces chiffres existent, ils sont effrayant : des études récentes montrent que près de 500 000 filles et femmes sont mutilées ou exposées au risque de mutilation pour les seuls États-Unis. En Europe, on estime là aussi à plus de 500 000 le nombre de femmes migrantes concernées (les femmes des secondes, voire troisièmes générations n'ont pas été prises en compte dans ces statistiques).

En France aussi, des fillettes françaises sont encore aujourd'hui excisées. Ca se passe dans leur pays d'origine pendant les vacances scolaires. Ecoutez le reportage de Julie Pietri

Une campagne de prévention d'ampleur est lancée en France pour alerter avant l'été, avant les "longs" congés. Son nom "Excision, parlons-en". A destination des adolescentes de 12 à 18 ans. Avec des affiches placardées dans les transports. Un site internet dédié et un clip diffusé sur le net.

La moitié des femmes et fillettes mutilées dans le monde résident dans trois pays seulement

Bonnes et beaucoup moins bonnes nouvelles

L’excision recule dans les pays où elle est moins pratiquée comme en Côte d’Ivoire, au Kenya, au Nigeria et en RCA. Mais ne diminue absolument pas dans les pays où elle est très fréquente, même si ces État se mobilisent contre les mutilations sexuelle et en dépit du durcissement de l’arsenal juridique et pénal de certains pays. Laa proportion des personnes favorables au maintient de la ""tradition" tend à diminuer, mais malheureusement pas le nombre de mutilations.

A noter également : l'âge des mutilations sexuelles diminue : de 10 ans, il est passé à 5 ans et même encore plus jeune. Et dans certains pays, on confie maintenant la tâche de mutiler les fillettes à certaines professions de santé, un pis-aller condamné par l’OMS et les organisations internationales.

Une norme sociale très forte

Ce n'est pas la religion qui dicte les mutilations, même si les habitants de la plupart des pays concernés sont majoritairement de religion musulmane. D'ailleurs dans la plupart des pays concernés, les communautés de tradition chrétienne, juive et animiste pratiquent également l’excision. Des mutilations totalement absentes de pays musulmans comme par exemple, les pays du Maghreb.

Ablation, infibulation, scarification, les mutilations sexuelles sont nombreuses

A l'ablations totale ou partielle du clitoris, s'ajoute souvent l'ablation partielle ou totale des petites lèvres, parfais des grandes lèvres. Dans certains pays d'Afrique de l'Est on y ajoute l'infibulation, c'est à dire la couture des lèvres entre elles pour rétrécir l’orifice vaginal.

Les conséquences des mutilations sexuelles pratiquées sur les femmes sont nombreuses : au delà du choc immédiat, du risque d'hémorragie et d'infection, il y a toutes les suites médicales qui poursuivront les femmes durant leur vie d'adulte et notamment lors de l'accouchement. Sans oublier les effets sur la vie sexuelle et sur l'estime de soi.

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