L’attaque d’un centre commercial à Nairobi fait au moins 20 morts
L’attaque d’un centre commercial à Nairobi fait au moins 20 morts © REUTERS/Noor Khamis

De nouveaux échanges de coup de feu ont été entendus ce matin depuis le centre commercial de Nairobi, cible d'une attaque islamiste. Au moins 68 personnes, dont deux françaises, ont été tuées.

L'armée kényane avait indiqué plus tôt sur son compte twitter qu'elle ferait en sorte qu'une "conclusion rapide" soit donnée au siège du centre commercial.

La plupart des otages libérés

Selon le porte-parole de l'armée kényane "La plupart des otages ont été libérés et les forces de défense kényanes ont pris le contrôle de la quasi-totalité du bâtiment", mais depuis cette annonce personne n'est sorti du bâtiment, si les soldats, ni des blessés.

Des forces spéciales israéliennes accompagnent les soldats kényans pour tenter de libérer les otages.

Le bilan pourrait être bien plus élevé que les 59 morts annoncés jusqu'ici, selon une source policière kényane qui fait état de cadavres découverts par les soldats qui ont à nouveau pénétré dans le bâtiment.

Selon le ministère de l'Intérieur kényan, les étages supérieurs du centre commercial sont maintenant sécurisés, et les attaquants, entre dix et quinze hommes, ont été repoussés au rez-de-chaussée ou au sous-sol avec un nombre indéterminé d'otages.

Des combats sont en cours. "Certains assaillants sont toujours armés, lancent des grenades et tirent sur les policiers", a indiqué une source policière. Une précédente tentative de reprendre le contrôle du bâtiment a échoué plus tôt dans la journée. Plusieurs soldats kenyans ont été blessés.

Voilà ce qu'expliquait à 23h Stéphanie Braquehais

Des agents israéliens interviennent aux côtés des forces kényanes pour tenter de mettre fin à la prise d'assaut du bâtiment.

A Jérusalem on ne souhaité commenter l'intervention israélienne qui s'explique par les liens entre le Kenya et Israël et la coopération sécuritaire entre les deux pays.

A Jérusalem, Sébastien Laugénie

Lors d'une conférence de presse tenue dimanche après-midi, le président du Kenya, Uhuru Kenyatta a déclaré que les forces de sécurité ont de bonnes chances de parvenir à neutraliser les auteurs de l'attaque.

Le président kényan, dont le neveu et la fiancée ont été tuées lors de l'attaque, a mis en garde les Shébab : "Nous punirons rapidement et très douloureusement les organisateurs" de cette attaque. "Ils devront payer pour leurs actes ignobles et bestiaux", a-t-il dit, ému.

L'attaque a commencé samedi

Peu avant midi, le commando, au moins une dizaine d’hommes masqués et vêtus de noir selon des témoins, a ouvert le feu à l'arme automatique et à la grenade sur la foule d'un millier de clients et d'employés d'un centre commercial de luxe à Nairobi, le Westgate Mal. Ouvert en 2007, il compte des restaurants, des cafés, des banques, un grand supermarché et un cinéma multiplexe qui attirent des milliers de personnes chaque jour, dont beaucoup d'expatriés.

Des clients, certains tenant des enfants dans les bras, des employés du centre commercial, traumatisés et piégés pendant de longues heures dans le centre, ont continué d'en émerger par petits groupes durant toute l'après-midi et la soirée de samedi, au fur et à mesure de la lente et prudente progression des forces de sécurité.

Deux Françaises ont été tuées dans l'attaque. L'annonce de leur mort a été confirmée par la Présidence française. Il s'agit d'une femme et de sa fille venue en visite. Cinq autres français ont pu fuire les lieu de l'attaque, l'un est blessé.

Les précisions de la ministre chargée des Français de l'étranger. Hélène Conway-Mouret répond à Géraldine Hallot

De nombreux autres occidentaux -cibles privilégiées des assaillants- figurent parmi les morts et les blessés. Le poète ghanéen Kofi Awoonor fait également partie des victimes.

La communauté française de Nairobi est sous le choc, toutes les familles restent cloitrées à leurs domicile les yeux rivées sur la télé. C'est le cas d'Hervé Braneyre, il dirige l'Alliance française dans la capitale kenyane. Il répond à Géraldine Hallot.

L'opération a été revendiquée par les islamistes somaliens shebab liés à al-Qaïda

Les islamistes ont revendiqué l'attaque via leur compte Twitter. Ils ont précisé que "seuls les infidèles ont été visés par cette attaque". "Tous les musulmans dans le Westgate ont été évacués par les moujahidines", ont-ils affirmé. Un survivant raconte avoir vu les shebab rassembler des clients, leur poser des questions - probablement pour savoir s'ils étaient musulmans - et en exécuter certains.

Sur Twitter toujours, le groupe islamiste a accusé Nairobi d'être "resté sourd" aux mises en garde répétées et affirment qu'"il est temps de porter la bataille en territoire kényan".

Proche du siège local des Nations unies, ce centre commercial qui abrite plusieurs commerces appartenant à des Israéliens, est régulièrement cité par les sociétés de sécurité comme une cible possible de groupes liés à Al-Qaïda - tels les insurgés somaliens shebab, qui ont souvent menacé de mener des attaque sur le territoire kényan à cause du soutien militaire de Nairobi au gouvernement somalien.

Que veulent exactement ces shebab ? Les explications de Gérard Prunier, ex chercheur au CNRS et spécialiste de l'Afrique de l'est au micro d'Isabelle Labeyrie

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