Plus de 110 migrants sont portés disparus après le naufrage jeudi de leur bateau au large de la Libye. Une centaine d'autres ont pu être secouru mais le bilan pourrait être plus lourd d'après certaines ONG comme Médecins sans frontières.

Avant ce naufrage qui a couté la vie à une centaine de personnes le 25 juillet 2019, le HCR et l'OIM avaient fait état d'au moins 426 personnes mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année.
Avant ce naufrage qui a couté la vie à une centaine de personnes le 25 juillet 2019, le HCR et l'OIM avaient fait état d'au moins 426 personnes mortes en tentant de traverser la Méditerranée depuis le début de l'année. © AFP / Maud VEITH / SOS MEDITERRANEE

Selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), 110 personnes ont péri lors d'un naufrage au large de la ville libyenne de Khoms (à l'ouest de la Libye), tandis qu'une centaine d'autres migrants, embarqués dans ce bateau en bois qui a coulé, a pu être secourue. Ils doivent être placés, d'après la marine libyenne, dans des centres de détention dont les conditions sont souvent dénoncées par les ONG. 

Ce naufrage est le plus meurtrier depuis le début de l'année. Il s'ajoute aux 426 personnes déjà disparues en mer depuis le mois de janvier.

Le Haut-Commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Filippo Grandi, a déploré, sur Twitter :  "La pire tragédie en Méditerranée cette année vient de se produire".

L'OIM et la marine libyenne ont fourni des chiffres différents sur le nombre de migrants disparus et secourus par les gardes-côtes d'un pays plongé depuis 2011 dans le chaos avec des luttes de pouvoir et des milices qui font la loi. Safa Msehli, chargée de la communication au bureau de l'OIM en Libye, a déclaré à l'AFP que 145 migrants avaient été secourus et ramenés vers Khoms, à 120 km à l'est de la capitale libyenne Tripoli. Certains survivants ont raconté que leur bateau avait coulé et qu'il y avait encore à bord quelque 150 migrants, a-t-elle ajouté. 

Le général Ayoub Kacem, porte-parole de la marine libyenne, a lui affirmé que "134 migrants ont été secourus et un corps repêché, alors que 115 migrants sont portés disparus" : "Une embarcation en bois transportant environ 250 migrants clandestins, dont des femmes et des enfants, (...) a fait naufrage à moins de cinq milles marins de la côte selon les témoignages de rescapés", a-t-il précisé dans un communiqué. 

Les migrants secourus, des Erythréens pour la plupart, mais également des Palestiniens et des Soudanais, attendent d'être transférés dans des "centres d'hébergement", a-t-il dit.

"Extrêmement choqués" 

L'équipe de Médecins sans Frontières en Libye a prodigué des soins à 135 migrants rescapés, a indiqué son chef Julien Raickman ajoutant, d'après les récits recueillis auprès des survivants, que près de 400 personnes se trouvaient à bord : 

"Les pêcheurs ont compté au moins 70 corps qui flottaient. Un papa qui était en train d'être récupéré n'a pu que constater que sa famille était en train de disparaître". 

"Ce sont des gens extrêmement choqués, dans un état qui ne permet aucunement la moindre détention, et surtout pas dans les conditions dans lesquelles ont les trouve aujourd'hui en Libye" estime Julien Raickman, qui explique aussi que les naufragés étaient partis mercredi "possiblement à bord de trois bateaux arrimés les uns aux autres, ce qui expliquerait leur désintégration". 

On dirait que l'Europe n'entend rien, que Mr Macron n'entend rien

Généralement, les migrants secourus en mer et ramenés en Libye sont d'abord accueillis par le Croissant rouge libyen, les personnels de l'OIM et d'organisations locales qui leur offrent soins et nourriture. Ensuite, ils sont placés dans des centres de détention. Ces derniers mois, des ONG ont dénoncé les conditions de détention des migrants. Selon des chiffres de l'OIM, au moins 5 200 personnes sont actuellement dans des centres de détention en Libye. Julien Raickman explique la situation : 

"Il n'y a pas de camps de réfugiés [en Libye], ce sont des camps de détention improvisés, des écoles où on a muré des fenêtres, où des personnes sont entassées, avec un mètre carré par personne, on meurt de tuberculose, on est torturé, muré et vendu."

Malgré des violences persistantes depuis la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi après une révolte, la Libye reste un important point de transit pour les migrants fuyant l'instabilité dans d'autres régions d'Afrique et du Moyen-Orient et qui cherchent à rejoindre l'Europe. 

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