Pour Doha, acheter Neymar, c'est un fabuleux coup de communication qui lui permet de faire diversion dans la crise diplomatique avec ses voisins du Golfe

Le transfert de Neymar ne représente pas grand chose pour les finances de l'émir
Le transfert de Neymar ne représente pas grand chose pour les finances de l'émir © AFP / Jean-Marie Hervio / DPPI Media / DPPI

Le transfert de Neymar est un caprice qui ne va mettre sur la paille l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, propriétaire du PSG et passionné de football. "Quand on aime, on compte pas", c'est la règle de vie des responsables de l'émirat.

Malgré le blocus imposé par ses voisins du Golfe, Doha dispose de réserves financières colossales : l'émirat continue d'exporter par bateau ses ressources en gaz - les troisièmes au monde - qui ont fait sa fortune. Le fonds souverain du Qatar est aujourd'hui estimé entre 300 et 350 milliards de dollars.Le matelas financier de la banque centrale est lui aussi bien rembourré avec 40 milliards de dollars en caisse, à quoi s'ajoute un important stock d'or.

Neymar au PSG, c'est aussi le symbole du "soft power" du Qatar

Un pouvoir d'influence qui se paie en centaine de millions d'euros. En pleine crise diplomatique avec l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis, Doha envoie un double message : d'abord pour dire à ses voisins qu'ils n'ont pas réussi à lui briser les reins financièrement, et ce, malgré le blocus aérien et terrestre en vigueur depuis le 5 juin dernier. "Notre économie est solide", répètent les responsables qatariens.

Ensuite, c'est un message subliminal destiné celui-là, aux pays occidentaux que l'on pourrait résumer ainsi : comment le Qatar qui se paie l'un des plus célèbres joueurs de football de la planète pourrait-il en même temps financer le terrorisme international, comme le prétendent l'Arabie saoudite et les Emirats Arabes Unis ?

Pour Doha, acheter Neymar, c'est un fabuleux coup de communication, le transfert du siècle qui permet à l'émirat de faire diversion dans la crise diplomatique avec ses voisins du Golfe, et d'attirer sur lui l'attention du monde entier.

Mais devant l'agressivité de ses voisins, l'émir Tamim ne compte pas seulement sur "le soft power" et le transfert de Neymar pour faire diversion et se protéger. Il vient de passer commande pour sept navires de guerre à l'Italie et 36 avions de combat américain F 15, le tout pour une facture totale de 16 milliards de d'euros. Pour Tamim, la sécurité n'a pas de prix quand il s'agit de protéger son émirat coffre-fort.

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