Les militaires tués lundi au mali étaient originaires de Pau, Gap, Varces et Saint-Christol-d'Albion. La plupart sont pères de famille. L'un d'eux est le fils de l'ancien ministre centriste Jean-Marie Bockel. Portraits.

Ces treize militaires avaient entre 22 et 43 ans.
Ces treize militaires avaient entre 22 et 43 ans. © Armée de Terre

Deux hélicoptères sont entrés en collision lundi soir, lors d’une opération de combat au Mali. Treize militaires français de la force Barkhane sont morts. Sur sa page Facebook, le ministère des Armées donne les noms de chaque militaire tué. Ils avaient entre 22 et 43 ans. Voici leurs portraits à partir des éléments publiés par l'armée et par la presse quotidienne régionale et France Bleu.

Le 5e régiment d’hélicoptères de combat de Pau est le plus durement touché par l’accident. Sept de ses soldats sont morts. Quatre autres militaires appartenaient au 4e régiment de chasseurs de Gap. Deux autres régiments sont touchés par l’accident : le 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces en Isère et le 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol-d’Albion.

Le capitaine Nicolas Mégard, père de trois enfants

Le capitaine Nicolas Mégard.
Le capitaine Nicolas Mégard. / Armée de Terre

Le capitaine Nicolas Mégard était marié et père de trois enfants âgées entre 5 et 10 ans. Engagé en tant que sous-officier d’active en 2005, il rejoint le 35e régiment d’artillerie parachutiste de Tarbes la même année avec le grade de maréchal des logis, puis par pour Pau. "Officier exigeant avec lui-même. Toujours performant, d'une grande disponibilité", selon le petit portrait dressé par l'armée sur Twitter. Il est titulaire de plusieurs distinctions, comme la médaille d’outre-mer avec agrafe "Sahel" et de la médaille de reconnaissance de la nation. Originaire de Calais, Nicolas Mégard vivait à Buros, au nord de Pau, précise Sud-Ouest. Dans le quotidien, un conseiller municipal se souvient d'un "homme tellement sympathique et agréable. Nous le voyions régulièrement aux cérémonies avec sa femme et ses trois filles".

Le capitaine Benjamin Gireud, 32 ans, originaire de Digne-les-Bains

Le capitaine Benjamin Gireud, un chef exemplaire.
Le capitaine Benjamin Gireud, un chef exemplaire. / Armée de Terre

Benjamin Gireud avait 32 ans. Il a été engagé en tant qu’officier en février 2009. Il rejoint l’École de l’aviation légère de l’armée de Terre après une formation initiale d’officier aux écoles de Saint-Cyr Coëtquidan. Il effectue une première mission dans le cadre de l’opération Épervier au Tchad en 2013. Décrit par l'armée comme "un chef exemplaire, apprécié de ses subordonnés", il était originaire de Digne-les-Bains.

Le capitaine Clément Frisonroche, père de 27 ans

Le capitaine Clément Frisonroche, mort quelque jours avant ses 28 ans.
Le capitaine Clément Frisonroche, mort quelque jours avant ses 28 ans. / Armée de Terre

Le capitaine Clément Frisonroche était marié et père d'une petite fille de sept mois, Victoire. Originaire de Villeneuve-sur-Lot dans le Lot-et-Garonne, il avait six frères et sœurs. Cet ancien élève de Saint-Cyr a rejoint l’École de l’aviation légère de l’armée de Terre. Arrivé en septembre avec le régiment d’hélicoptères de combat de Pau, c'était sa première opération extérieure au Mali, dans le cadre de l’opération Barkhane. Clément Frison-Roche allait avoir 28 ans dans quelques jours. "C'est toujours profondément triste d'apprendre de telles nouvelles, d'un jeune homme qui perd la vie en faisant son devoir et qui laisse une famille dans le chagrin" reconnaît Patrick Cassany, le maire de la commune sur France Bleu. "Je pense que beaucoup de personnes à Villeneuve partagent cette émotion." La mère du capitaine s'exprime dans le journal Sud-Ouest : "Je suis brisée mais je savais que ça pourrait arriver. J’y ai pensé en lui disant au revoir il y a deux mois."

Le lieutenant Alex Morisse, un homme "charmant et souriant"

Le lieutenant Alex Morisse, un homme "charmant et souriant".
Le lieutenant Alex Morisse, un homme "charmant et souriant". / Armée de Terre

Le lieutenant Alex Morisse est mort a 31 ans. Il était pacsé. Engagé depuis plus de 10 ans dans l'Armée, sa première mission remonte à 2017 au Mali, avant d'y retourner en 2018 et cette année avec son régiment de Pau. Il était originaire de Champigny-sur-Marne dans le Val-de-Marne. Selon l'armée, c'était un "jeune officier rigoureux et consciencieux". Une amie se souvient d'un homme "charmant et souriant". Sa famille avait des attaches dans le bassin d'Arcachon selon France Bleu Gironde.

L'adjudant-chef Julien Carette, au service de la France depuis 17 ans

L'adjudant-chef Julien Carette, au service de la France depuis 17 ans.
L'adjudant-chef Julien Carette, au service de la France depuis 17 ans. © Radio France / Armée de Terre

L'adjudant-chef Julien Carette avait passé toute son enfance à Layrac, un village près d'Agen. Sa famille était bien connue dans la commune. Le père de Julien était employé municipal, à la retraite depuis quelques mois. Le maire de Layrac témoigne sur France Bleu Occitainie, il a eu la mère du militaire au téléphone :"Je l'ai eu au téléphone en pleurs. Lorsque j'en parle, je suis encore très ému, tellement cette famille était acceptée et adoptée dans notre village". Né à Roubaix, père de deux enfants, Julien Carette avait 35 ans. Il servait la France depuis plus de 17 ans. Il avait été engagé en Côte d'Ivoire, au Tchad, au Mali, Burkina Faso et en Afghanistan. 

Le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul, né en Colombie

Le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul, "un héros , défenseurs de notre liberté".
Le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul, "un héros , défenseurs de notre liberté". / Armée de Terre

Le brigadier-chef Romain Salles de Saint-Paul était engagé comme militaire depuis 2009. Né en Colombie et âgé de 35 ans, marié et père de deux enfants, il a effectué ses deux premières missions au Gabon en 2010 et 2013 puis il est projeté au Mali pour la première fois en 2015. En 2017, il effectue une mission à Djibouti et il retourne à deux reprises au Mali en 2018 et 2019 dans le cadre de l’opération Barkhane avec le régiment d’hélicoptères de combat de Pau. Lui aussi a vécu dans le bassin d'Arcachon. Son père adoptif vit à Lanton, en Gironde. Sur France 3, son père se confie : "Il risquait sa vie. C'était son métier. Il aimait ça". Jean Luc Gleyze, le président du Conseil départemental de la Gironde évoque sur sa page Facebook la mort d"un "héros qui combattaient au Mali contre la barbarie djihadiste, des défenseurs de notre liberté".

Le lieutenant Pierre Bockel, fils d'ancien ministre

Le lieutenant Pierre Bockel allait bientôt être papa
Le lieutenant Pierre Bockel allait bientôt être papa / Armée de Terre

Le lieutenant Pierre Bockel était âgé de 28 ans, en couple, il allait bientôt être père. Il était le fils de l'ancien ministre et sénateur centriste Jean-Marie Bockel, originaire de Mulhouse dans le Bas-Rhin. Lors de l’accident, Pierre Bockel pilotait un hélicoptère de type Cougar du régiment de combat de Pau, dédié au transport de troupes. Il est décrit comme un "pilote opérationnel performant" qui avait atteint "un excellent niveau technique". Sur franceinfo, son père lui rend hommage : "C’est le meilleur des fils, le plus merveilleux des garçons. Un fils adorable, un frère adoré, un fiancé amoureux, un futur papa, confie Jean-Marie Bockel. Il était très fier de ce qu’il faisait, très fier d’être au service de son pays, passionné par son métier de pilote d’hélicoptère."

Le régiment était omniprésent dans les opérations extérieures de l’armée française : en 2009 en Afghanistan, en Libye en 2011, au Mali pour l'opération Serval ou encore en République Centrafricaine. Le maire de Pau, François Bayrou, appelle à un rassemblement devant la mairie à 19 heures ce mardi.

Le capitaine Romain Chomel de Jarnieu, chef d'équipe commando

Le capitaine Romain Chomel de Jarnieu s'est s’engagé dans la réserve le 11 juin 2012 pour servir au 2e régiment de Hussards. Il a servi au Tchad et au Mali. Âgé de 34 ans, célibataire et sans enfant, il était décoré de la médaille de la défense nationale échelon argent, de la médaille de protection du territoire ainsi que de la médaille d’outre-mer avec agrafe « Sahel ». Il était engagé depuis septembre comme chef d'équipe commando au sein du 4e régiment de chasseurs de Gap. Son père, un ancien amiral très connu, vivait à Toulon.

Le maréchal des logis-chef Alexandre Protin, un jeune toujours souriant

Le maréchal des logis-chef Alexandre Protin, un jeune toujours souriant
Le maréchal des logis-chef Alexandre Protin, un jeune toujours souriant / Armée de Terre

Le maréchal des logis-chef Alexandre Protin, avait 33 ans. Sans enfant, il vivait à Gap avec sa compagne. Il était engagé au Mali pour la troisième fois au sein du groupement tactique désert aérocombat, dans le cadre de l’opération Barkhane en qualité de tireur Minimi. Ce militaire a passé son enfance dans la Meuse. "C’était un jeune qui était toujours souriant et qui ne se faisait pas plus remarquer que ça. C’était un bon gamin" se souvient le maire du petit village de Moulins-Saint-Hubert dans l'Est Républicain.

Le maréchal des logis Antoine Serre, "un amoureux de la nature"

Le maréchal des logis Antoine Serre, "un amoureux de la nature"
Le maréchal des logis Antoine Serre, "un amoureux de la nature" / Armée de Terre

Le maréchal des logis Antoine Serre avait 22 ans. Il est né Riom et a grandi à Charbonnières-les-Varennes dans le Puy-de-Dôme. Décrit comme "volontaire et réactif", il a passé quatre ans à l'école militaire de haute montagne de Chamonix avant de choisir le 4e régiment de chasseurs de Gap. "Toute la commune est en deuil, nous sommes retournés, bouleversés car nous avons perdu un enfant du pays" avoue le maire, Gérard Chansard, dans le quotidien La Montagne. "C'était un amoureux de la nature, il adorait le trail. C'était un mec bien, toujours souriant, toujours gentil", raconte un couple d'habitant interrogé par le journal.

Le maréchal des logis Valentin Duval, un addict à la montagne

Le maréchal des logis Valentin Duval, un addict à la montagne
Le maréchal des logis Valentin Duval, un addict à la montagne / Armée de Terre

Le maréchal des logis Valentin Duval est l'un des plus jeunes militaires décédés. Célibataire et sans enfant, il était originaire de Rouen en Seine-Maritime. L'Armée de Terre souligne que Valentin Duval était "un grand professionnel", connu pour "sa motivation pour le métier des armes et son amour pour les montagnes." Il a rejoint le 4e régiment de chasseurs de Gap en 2014.

"Le régiment est pour nous un élément important de la famille gapençaise" explique le maire de Gap Roger Didier sur franceinfo. "Les drapeaux ont été mis en berne. Je vais rencontrer le commandant du 4e régiment de chasseurs et voir s'il y a lieu de mobiliser les Gapençais et les Gapençaises qui voudraient s'incliner devant le respect que nous devons à ces hommes qui ont payé de leur vie pour défendre notre pays." 

80 militaires de ce régiment sont engagés au Mali depuis cet été, pour sécuriser les villages et réagir en cas d’attaque.

Le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie, passionné d'alpinisme

Le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie, un "soldat de grande valeur, motivé et volontaire"
Le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie, un "soldat de grande valeur, motivé et volontaire" / Armée de Terre

Le maréchal des logis-chef Jérémy Leusie est mort à 33 ans. Il était membre du 93e Régiment d’artillerie de montagne de Varces en Isère. Engagé depuis 2007, il est pacsé et sans enfant. Un "soldat de grande valeur, motivé et volontaire" selon l'armée. Né à Laval en Mayenne, il a grandi à Angers. L'armée souligne sa passion pour l'alpinisme. Les drapeaux de la caserne de Varces sont en berne. Sur France Bleu Isère, le colonel Guiguet, qui le connaissait depuis son engagement dans l'armée lui rend hommage : "Il avait fait le choix de nous rejoindre très jeune. Il était complètement épanoui dans ce métier. Il a gravi tout les échelons puisqu'il était devenu sous-officier. Il avait rejoint les commandos montagne où il avait pu mettre en valeur ses immenses qualité professionnelle, humaine, physique."

Le sergent-chef Andreï Jouk, légionnaire discipliné et dévoué

Le sergent-chef Andreï Jouk, légionnaire discipliné et dévoué.
Le sergent-chef Andreï Jouk, légionnaire discipliné et dévoué. / Armée de Terre

Enfin, la dernière victime est le sergent-chef Andreï Jouk du 2e Régiment étranger de génie de Saint-Christol-d’Albion dans le Vaucluse. Âgé de 43 ans, il avait rejoint les rangs de la légion étrangère en 2008. Marié, il était père de quatre enfants. Il a participé à trois grandes missions à l'étranger, en Afghanistan entre 2010 et 2011, puis au Mali à partir de 2018. "Un chef d'équipe et un légionnaire de montagne discipliné, dévoué à ses chefs et investi" précise son état-major.

Le militaire vauclusien faisait partie de la Section de liaison et de Reconnaissance Offensive (SLRO) en place au Mali. Deux cents militaires de Saint-Christol-d'Albion sont déployés au Mali.

L’opération Barkhane mobilise 4 500 militaires au Sahel. "Ces treize héros n'avaient qu'un seul but : nous protéger", a réagi sur Twitter le président français Emmanuel Macron. Une cérémonie d'hommage national aux 13 soldats tués au Mali, présidée par le chef de l'État, aura lieu aux Invalides "dans les jours prochains", précise la ministre des Armées Florence Parly.

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