[scald=21931:sdl_editor_representation]KABOUL (Reuters) - Nicolas Sarkozy s'est rendu mardi à Kaboul auprès des soldats français en Afghanistan et a confirmé le retrait d'un millier d'entre eux d'ici fin 2012.

Le président français, dont c'est la troisième visite en Afghanistan depuis le début de son quinquennat, est arrivé vers 03h30 GMT à Kaboul pour une visite de cinq heures.

Après avoir été sur une base avancée des forces françaises dans la région de Surobi, il devait déjeuner à Kaboul avec son homologue Hamid Karzaï et rencontrer le général américain David Petraeus, commandant des forces internationales dans ce pays.

"Ici nous retirerons un quart de nos effectifs, c'est-à-dire 1.000 soldats, d'ici fin 2012", a-t-il déclaré à des militaires français sur la base de Tora, à 30 minutes d'hélicoptère de Kaboul, selon le pool de presse qui l'accompagne.

"En 2014, tous les soldats français seront partis d'Afghanistan", a ajouté le président français.

Une partie des 4.000 militaires français déployés dans ce pays est basée dans la région de Surobi, à l'est de Kaboul.

La France a annoncé un retrait progressif de ces militaires, dans le sillage des Etats-Unis, qui ont décidé de rapatrier un tiers de leurs 100.000 hommes d'ici la fin de l'été 2012.

Une décision doit être prise à la fin de l'été sur le transfert aux forces afghanes du contrôle du district de Surobi, qui pourrait se traduire par un premier retrait français.

Nicolas Sarkozy a précisé qu'après le retrait d'un premier millier d'hommes d'ici fin 2012, les effectifs français restant seraient concentrés dans la province de Kapisa, avant leur retrait définitif en 2014.

"Il faut savoir finir une guerre", a-t-il ajouté selon le pool de presse. "Il n'a jamais été question de garder des troupes indéfiniment en Afghanistan."

RADICALISATION DE L'INSURRECTION

Le président français était parti directement de l'aéroport de Kaboul en hélicoptère pour Tora, où il s'est fait expliquer la situation par le général Emmanuel Maurin, commandant depuis le 17 mai et pour un an de la brigade La Fayette.

Cette brigade a pour zone d'opération le district de Surobi et la province de Kapisa, à l'est et au nord-est de Kaboul.

Déployée sur plusieurs bases et postes avancés, elle mène des opérations de sécurisation et de contrôle, des missions au profit de la population et des actions conjointes avec les forces afghanes conseillées par des militaires français.

Selon le général Maurin, l'insurrection contre le pouvoir de Kaboul ne gagne pas de terrain dans la population mais est en train de se radicaliser.

"Les gens sont lassés de la guerre. Ils n'ont pas basculé dans l'insurrection mais l'insurrection se radicalise", a-t-il dit à Nicolas Sarkozy, selon le pool.

Cette visite intervient deux jours avant les cérémonies de la fête nationale française du 14 juillet, qui honoreront les militaires en opérations extérieures.

Un membre du contingent français a été tué lundi par un tir accidentel venant de son propre camp, dans la province de Kapisa. Il s'agit du 64e soldat français à trouver la mort en Afghanistan depuis 2001 (VOIR ).

La visite présidentielle intervient également 15 jours après la libération de deux journalistes de France Télévisions, Hervé Ghesquière et Stéphane Taponier, qui étaient détenus en otages depuis 18 mois après avoir été enlevés dans la vallée de la Kapisa où ils effectuaient un reportage.

Nicolas Sarkozy ne devrait pas être de retour à Paris pour le vote du Parlement français autorisant, ce mardi, la prolongation des opérations militaires en Libye, en appui aux rebelles libyens - opérations dans lesquelles la France est leader avec la Grande-Bretagne.

Philippe Wojazer, avec pool en Afghanistan et Emmanuel Jarry à Paris, édité par Marine Pennetier

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.