Près de sept millions de vues en quatre jours. Un humoriste saoudien a chanté sa désapprobation de la loi qui interdit aux femmes de conduire dans son pays. "No woman, no drive", le tube du Bob Marley saoudien est une nouvelle critique du pouvoir.

La contestation prend de l'ampleur en Arabie saoudite et la chanson d'Alaa Wardi est une nouveau signe de la tentative de la fronde qui couve au royaume wahhabite. Les paroles ont été en partie modifiées pour coller au contexte saoudien.

Extrait de la chanson originale de Bob Marley :

No, woman, no cry, No, woman, no cry, No, woman, no cry, No, woman, no cry. Cause - cause - cause I remember when a we used to sit, In a government yard in Trenchtown, observing the hypocrites ...

et maintenant, le même extrait de la version d'Alaa Wardi :

No, woman, no drive, No, woman, no drive , No, woman, no drive , No, woman, no drive . Cause - cause - cause I remember when a we used to sit , In the family car but backseat .

Traduction : "je me souviens quand on avait l'habitude de s'assoir dans la voiture familiale à l'arrière." La suite est chantée dans un anglais tout à fait compréhensible et sous-titré.

Des femmes saoudiennes se filment au volant

Quelques femmes saoudiennes ont bravé la loi qui leur interdit de conduire en se filmant samedi dernier au volant de leur voiture dans le cadre d'une campagne visant à accorder plus de droits aux femmes du royaume.

Cinq vidéos datées du 26 octobre et filmées a priori à Ryad, Djeddah et dans l'oasis d'Al-Ahsa ont déjà été diffusées sans qu'il ne soit possible de vérifier les conditions d'enregistrement. Selon les responsables de cette campagne, certaines femmes auraient reçu des coups de téléphone d'intimidation de la part d'hommes se présentant comme fonctionnaires au ministère de l'Intérieur.

La question des droits des femmes est particulièrement sensible en Arabie saoudite, strictement wahhabite, où les femmes sont sous l'autorité d'un parent masculin, appelé leur "gardien", qui peut les empêcher de voyager à l'étranger, d'obtenir un emploi ou d'ouvrir un compte en banque.

Le roi Abdallah, au pouvoir depuis 2005, a mis en oeuvre quelques réformes prudentes portant notamment sur l'accès des femmes à l'éducation ou à l'emploi. En février dernier, il a fait entrer pour la première fois 30 femmes au Conseil de la Choura, une assemblée consultative non élue formée de 150 membres. Mais il prend garde de ne pas froisser le clergé ultraconservateur.

Les organisateurs du mouvement de samedi ont reçu l'appui de trois femmes siégeant au Conseil de la Choura, qui ont proposé il y a deux semaines que le ministère Transport étudie la possibilité d'autoriser les femmes à conduire. Parmi les arguments avancés, le coût financier pour les familles saoudiennes obligées d'employer un chauffeur à plein temps.

Les Saoudiennes veulent conduire
Les Saoudiennes veulent conduire © Radio France
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