Des milliers d'américains ont manifesté spontanément dans les principales villes des Etats-Unis mercredi soir, pour dénoncer l'élection de Donald Trump à la Maison Blanche.

Manifestation au pied de la Trump Tower de New-York
Manifestation au pied de la Trump Tower de New-York © Reuters / Andrew Kelly

Pas question de rester pleurer chez eux, après l’annonce de la victoire de Donald Trump ce mercredi à la Maison Blanche : des milliers d’américains sont descendus spontanément dans les rues des principales villes du pays pour crier que Trump n’est "pas leur président".

"Not my president", donc, le républicain et ses discours racistes, sexistes, homophobes, xénophobes: au moment où se multipliaient les appels à "l'unité du peuple américains", pronée par Trump lui-même, mais aussi par Hillary Clinton ou Barack Obama, ceux qui ne se reconnaissent pas dans les excès du président élu se sont rassemblés dans la soirée au pied des gratte-ciels et hôtels qui symbolisent l’empire immobilier du milliardaire new-yorkais. Le mot d'ordre avait circulé rapidement sur les réseaux sociaux.

Très encadrés par les forces de l’ordre, ils étaient des milliers au pied de la Trump Tower de New-York, où réside le président élu, sur la 5e Avenue.

Un drapeau américain brûlé par des manifestants anti-Trump au pied de la Trump Tower de New-York
Un drapeau américain brûlé par des manifestants anti-Trump au pied de la Trump Tower de New-York © Reuters / Eduardo Munoz

A Chicago, 1800 personnes ont défilé vers le bâtiment Trump, scandant leur "honte" après le vote du 8 novembre.

Parmi les slogans que l’on retrouvait à Chicago comme à New-York ou Los Angeles, "Non à une Amérique raciste, non au Klu Klux Klan", rappel du soutien apporté par l’organisation raciste à Donald Trump, et que ce dernier avait refusé.

Les rassemblements étaient particulièrement virulents en Californie, Etat à forte population hispanique, ciblée par les attaques du candidat Trump pendant la campagne. A Los Angeles, plus de 5000 personnes ont participé à un sit-in géant.

REPORTAGE du correspondant de France Inter Loïc Pialat sur le campus de Long Beach :

La plupart de ces manifestations impromptues s’est déroulé dans le calme, marquées par le sentiment de sidération et la tristesse des participants. A Oakland, en Californie, les policiers ont utilisé des gazs lacrymogènes contre les quelques 6000 manifestants qui avaient envahi une bretelle d’autoroute et bloqué le trafic routier. Des vitrines ont été brisées, des poubelles incendiées avant que le calme ne revienne rapidement.

A Oakland, Californie, des slogans anti-Trump appelaient à la révolte
A Oakland, Californie, des slogans anti-Trump appelaient à la révolte © Reuters / Noah Berger

L'élection de Donald Trump passe d'autant plus mal que l'on apprenait, dans la soirée avec les derniers dépouillements, que sur l'ensemble des Etats-Unis, c'est Hillary Clinton qui a remporté le plus de voix, 230 000 de plus que son rival républicain. Mais la présidentielle américaine ne se fait pas au scrutin universel direct : le système des grands électeurs a donné la victoire à Donald Trump qui pourra compter, pour son investiture en janvier 2017, sur 290 votes de grands électeurs contre 228 pour Clinton.

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