[scald=67527:sdl_editor_representation]par Dina Zayed

LE CAIRE (Reuters) - La Ligue arabe donne jusqu'à vendredi à la Syrie pour accepter des observateurs sur son territoire, sous peine de sanctions économiques.

L'organisation a enjoint jeudi à Damas de signer dans les 24 heures un document permettant l'envoi d'une mission exploratoire d'un demi-millier d'observateurs, qui doit comprendre des militaires et des spécialistes des droits de l'homme.

L'organisation panarabe presse par ailleurs les Nations unies de "prendre les mesures nécessaires en accord avec la charte de l'Onu pour soutenir l'effort de la Ligue arabe pour dénouer la situation compliquée en Syrie."

Un diplomate a affirmé que cette clause ne visait pas à préparer une intervention étrangère, que les pays arabes rejettent. En mars, l'appel de la Ligue arabe à l'instauration d'une zone d'exclusion aérienne en Libye avait précédé de peu la résolution de l'Onu autorisant des frappes aériennes.

Selon le communiqué de la Ligue arabe, Damas s'expose, en l'absence de signature, à plusieurs sortes de sanctions: arrêt des échanges commerciaux avec la Syrie, suspension des vols commerciaux, arrêt des transactions avec la banque centrale syrienne et de toutes les transactions financières et gel des avoirs gouvernementaux.

Les ministres des Affaires étrangères de l'organisation étudieront ces mesures dès dimanche mais "il n'y aura pas de réunion ministérielle si la Syrie accepte de signer le protocole", a déclaré l'ambassadeur d'Egypte auprès de la Ligue, Afifi Abdel Wahab.

Des sanctions pourraient également s'appliquer si Damas "viole plus tard les engagements (du protocole) et n'arrête pas la répression ou ne libère pas les détenus."

LA PROPOSITION FRANÇAISE PAS ÉVOQUÉE

Le régime syrien réprime dans le sang depuis la mi-mars un mouvement de contestation sans précédent depuis l'arrivée au pouvoir du président Bachar al Assad, en 2000.

La Ligue arabe est d'ordinaire très réticente à sanctionner ses membres. Elle a suspendu la Syrie le 12 novembre pour condamner l'absence de mise en oeuvre d'un plan de sortie de crise présenté dix jours plus tôt par l'organisation.

Elle a par la suite lancé un premier ultimatum à Damas le 16 novembre en lui donnant trois jours pour mettre fin aux violences contre les populations, qui ont fait plus de 3.500 morts depuis la mi-mars, selon les Nations unies. L'ultimatum a expiré samedi mais l'organisation n'a pas réagi.

Les autorités syriennes ont demandé des amendements aux modalités de la mission exploratoire, portant notamment sur le statut juridique des observateurs, mais ces demandes ont été rejetées dimanche.

La Ligue a parallèlement entamé un dialogue avec l'opposition syrienne. Selon Khaled al Habassi, conseiller du secrétaire général de la Ligue Nabil Elarabi, l'organisation travaille "à unir l'opposition autour d'un projet d'avenir pour la Syrie pendant la période de transition".

La réunion de jeudi a eu lieu dans un faubourg du Caire et non au siège de la Ligue qui est situé place Tahrir, occupée depuis vendredi par des milliers de manifestants hostiles au pouvoir des militaires égyptiens.

Aucun état membre n'aurait émis d'objection au sujet du communiqué.

La proposition française d'une zone de protection des civils n'a pas été abordée, a-t-on appris de sources diplomatiques. "Il y a une communication entre la France et la Ligue arabe mais la proposition n'a pas été évoquée durant la réunion", a dit un diplomate.

L'idée de créer des "zones sécurisées pour protéger les populations civiles", émise mercredi par le chef de la diplomatie française Alain Juppé, marque une nette évolution de la position des puissances occidentales, rétives à toute implication directe dans la crise syrienne.

De source diplomatique occidentale, on précise que le plan français prévoit de relier des zones habitées aux frontières turque et libanaise à la côte méditerranéenne ou à un aéroport. Ces corridors humanitaires permettraient d'approvisionner la population en vivres et en médicaments.

Ayman Samir, Dina Zayed; Jean-Stéphane Brosse pour le service français

Mots-clés:

Derniers articles

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.