[scald=107897:sdl_editor_representation]par Erika Solomon

BEYROUTH (Reuters) - Les forces de sécurité ont pilonné samedi Homs, dans le centre du pays, ainsi que d'autres villes de Syrie où l'armée régulière tente de briser la rébellion dans les localités séditieuses, rapporte l'opposition qui fait état d'au moins 24 morts.

Kofi Annan, l'émissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, est attendu dans la journée à Moscou où il tentera de convaincre la Russie de contribuer à la conclusion d'un cessez-le-feu et à l'ouverture d'un dialogue politique en Syrie. Il doit également se rendre en Chine, autre alliée traditionnelle du régime syrien.

"(...) Le plus important est de convaincre l'opposition syrienne de s'asseoir à la table des négociations avec les autorités et de trouver une issue pacifique à la crise", a indiqué un communiqué diffusé samedi par le Kremlin.

"Nous comptons faire part lors de la réunion de notre approche pour aboutir à un cessez-le-feu et à la fin de la violence en Syrie, difficilement applicables tant qu'il y aura une aide armée étrangère et un soutien politique à l'opposition".

Loin des cénacles diplomatiques, les violences se sont poursuivies samedi dans de nombreuses villes syriennes, dont Sarakib, dans le nord-ouest du pays. Les troupes loyalistes y ont tué au moins cinq personnes et ont fait des dizaines de blessés, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), basé à Londres.

"Il y a des dizaines de chars et de blindés qui attaquent Sarakib en ce moment et l'artillerie lourde est en action", a indiqué sur Skype un opposant se trouvant dans la province d'Idlib.

"Un certain nombre de rebelles ont effectué un repli stratégique mais il y a toujours des insurgés dans la ville, qu'un tiers des habitants ont désertée", a-t-il ajouté. L'OSDH estime que 60% des habitants ont fui la cité.

A Homs, épicentre de la contestation, au moins dix personnes ont été tuées par des explosions et des tirs, rapportent des activistes qui accusent les forces syriennes de pilonner des zones résidentielles dans le centre-ville.

"Les bombardements ont recommencé ce matin (...). Des mortiers et des chars tirent sur de nombreux quartiers de la vieille ville de Homs", a dit à Reuters un opposant vivant dans le quartier de Bab Sbaa, ajoutant que de nombreux riverains avaient quitté ces zones pour trouver refuge ailleurs.

ANNAN ATTENDU EN RUSSIE

"L'Armée syrienne libre (ASL) était à Bab Sbaa quand l'armée gouvernementale a commencé les pilonnages il y a quatre jours, et les rebelles n'ont pas été en mesure de stopper les raids de l'armée", a-t-il dit.

"Il ne reste que quelques rebelles, ils ne peuvent pas faire grand-chose", a-t-il concédé.

La nouvelle flambée de violences de cette semaine semble indiquer que les gouvernementaux ont du mal à contrôler la troisième ville du pays.

A Koussaïr, dans la province de Homs, des tirs à l'arme lourde ont tué trois civils, d'après l'OSDH.

Dans la province méridionale de Deraa, berceau de la révolte proche de la Jordanie, l'OSDH a indiqué qu'un homme avait été tué à un barrage des forces de sécurité.

Trois soldats ont été tués par des insurgés dans la province de Hassaka, dans le nord-est du pays, selon la même source.

A Douma, un quartier de la périphérie de Damas, des activistes font état de fortes explosions après des violents combats durant la nuit. Samedi matin, les combats semblaient avoir baissé d'intensité mais des tireurs d'élite et des blindés étaient visibles dans la ville.

A Kalat al Madiak, près de Hama, dans le nord-ouest de la Syrie, des bombardements ont également été signalés. Les militaires ont tenté ces deux dernières semaines d'attaquer la ville mais ils rencontrent une farouche résistance de la part des insurgés, d'après l'OSDH.

L'agence officielle syrienne Sana a indiqué que 18 soldats "martyrs", tués lors de différents affrontements, ont été enterrés samedi.

Les restrictions imposées par les autorités au travail des journalistes rendent difficile la vérification des informations relayées par l'opposition ou le pouvoir.

Plus de 8.000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement en Syrie il y a un peu plus d'un an. Le gouvernement syrien fait état de 3.000 morts au sein des forces de sécurité, imputant la violence à des bandes "terroristes".

De profondes divisions ont affaibli le front anti-Assad. Dans une tentative de remédier à ces problèmes au niveau militaire, le général Moustafa Cheikh, qui a déserté pour rejoindre la rébellion, a demandé à tous les groupes rebelles de se rallier à l'ASL.

"Il est nécessaire que tous les gens nobles de cette nation unissent leurs efforts pour renverser ce régime corrompu", a dit le général dans un message vidéo.

Il a précisé qu'il commanderait le conseil militaire de l'ASL tandis que le colonel Riad al Asaad, présent à ses côtés dans la vidéo, prendrait en main les forces combattantes.

Avec Crispian Balmer, Alexeï Anichtchouk et Steve Gutterman à Moscou; Benjamin Massot pour le service français

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