manifestation à kiev et suspension des négociations avec l'ue
manifestation à kiev et suspension des négociations avec l'ue © reuters
par Richard Balmforth et Gabriela Baczynska KIEV (Reuters) - Environ 150.000 personnes étaient rassemblées dimanche dans le centre de Kiev pour manifester contre le président Viktor Ianoukovitch, qu'elles soupçonnent de vouloir fermer définitivement la porte à une association avec l'Union européenne pour mieux se rapprocher de la Russie. Quelques minutes avant le coup d'envoi de cette manifestation, le commissaire européen chargé de l'Elargissement, Stefan Füle, a annoncé sur son compte Twitter avoir informé le gouvernement ukrainien de la suspension des travaux en vue d'un accord d'association et de libre-échange. Pour Stefan Füle, cette décision est justifiée par le fait que l'engagement du gouvernement ukrainien est "sans consistance réelle". C'est la décision inattendue, le 21 novembre, de Viktor Ianoukovitch de ne pas signer l'accord d'association avec l'UE négocié depuis plusieurs années qui a déclenché un mouvement de protestation massif. Des centaines de personnes occupent désormais jour et nuit la place de l'Indépendance, surnommée "Maïdan" ("La Place"), dans le centre de la capitale. Si le choix de Viktor Ianoukovitch de claquer la porte à l'UE est soutenu dans l'Est ukrainien, sa région d'origine, où vivent de nombreux russophones, il a suscité déception et rancoeur dans le centre et dans l'Ouest, où de nombreux habitants considèrent que l'Ukraine a vocation à intégrer l'UE. Le mouvement de contestation a encore pris de l'ampleur après l'assaut lancé mercredi par les forces de l'ordre contre des manifestants: limitées initialement aux seules relations avec l'Union européenne et la Russie, les revendications incluent désormais la dénonciation de la corruption et de l'exercice du pouvoir par Viktor Ianoukovitch, en poste depuis quatre ans. IANOUKOVITCH ATTENDU À MOSCOU Le président a limogé samedi deux hauts fonctionnaires pour leur rôle dans la répression de mercredi mais il ne semble aucunement disposé à accéder à la principale revendication de l'opposition, le départ de son Premier ministre, Mikola Azarov. Vendredi, des discussions entre la présidence et l'opposition n'ont permis aucune avancée. Le chef de l'Etat doit se rendre au cours des prochains jours à Moscou pour y rencontrer son homologue Vladimir Poutine et sceller des accords d'aide économique qui pourraient inclure une baisse des prix du gaz et des prêts. L'opposition ukrainienne redoute que la prochaine étape du basculement vers Moscou soit l'adhésion à une union douanière promue par le Kremlin avec la Biélorussie et le Kazakhstan, qu'elle considère comme une tentative de reconstitution de l'Union soviétique. Plusieurs chefs de file de l'opposition, parmi lesquels l'ancien champion du monde de boxe Vitali Klitschko, leader du parti Oudar, l'ancien ministre de l'Economie Arseni Iatseniouk et le dirigeant nationaliste Oleh Tiahnibok, ont rencontré dimanche le sénateur américain John McCain, dernière en date des personnalités politiques occidentales qui ont choisi de se rendre à Maïdan. "L'Ukraine rendra l'Europe meilleure et l'Europe rendra l'Ukraine meilleure", a déclaré l'ex-candidat républicain à la Maison blanche aux manifestants dimanche. "Nous sommes ici pour soutenir votre juste cause, le droit souverain de l'Ukraine à choisir son propre destin librement et en toute indépendance. Et le destin que vous souhaitez se trouve en Europe." Samedi, des milliers de partisans de Viktor Ianoukovitch avaient défilé dans les rues de la capitale. Une partie d'entre eux étaient arrivés en bus de Donetsk et d'autres villes de l'Est. Avec Natalia Zinets et Alissa de Carbonnel; Marc Angrand pour le service français
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