Plusieurs puissances ont appelé au dialogue et craignent une escalade entre le Pakistan et l'Inde, après que les deux pays ont abattu des avions dans la région du Cachemire.

L'Inde et le Pakistan ont tous les deux abattus des avions de l'autre pays dans la zone de cessez-le feu du Cachemire, mais assurent de pas vouloir "d'escalade" du conflit.
L'Inde et le Pakistan ont tous les deux abattus des avions de l'autre pays dans la zone de cessez-le feu du Cachemire, mais assurent de pas vouloir "d'escalade" du conflit. © AFP / Tauseef MUSTAFA

Le Pakistan "ne veut pas aller vers la guerre" avec l'Inde, a assuré mercredi le porte-parole de l'armée lors d'un point presse. Les forces armées pakistanaises affirment avoir abattu deux avions indiens dans l'espace aérien pakistanais et arrêté deux pilotes indiens, dont l'un d'eux a été conduit à l'hôpital.

New Delhi l'a, de son côté, annoncé peu après avoir abattu un avion pakistanais au Cachemire, tandis que l'armée indienne a elle-même "perdu un Mig-21".

"Pas de cibles militaires" affirment les deux pays

Plus tôt mercredi, la ministre indienne des Affaires étrangères, Sushma Swaraj, avait semblé plaider l'apaisement, soulignant lors d'un déplacement en Chine que "l'Inde ne souhaite pas d'escalade" et "continuera à agir avec responsabilité et retenue". L'opération de mardi n'était pas militaire car "elle ne visait pas d'installations" militaires pakistanaises, a ajouté Sushma Swaraj.

Dans la matinée, Islamabad avait de son côté annoncé avoir "procédé à des frappes à travers la Ligne de Contrôle", ligne de cessez-le-feu qui sert de frontière de facto entre l'Inde et le Pakistan au Cachemire. Celles-ci auraient visé des cibles "non militaires". "Ce ne sont pas des représailles", avait insisté la diplomatie pakistanaise : "le seul objectif est de démontrer notre droit, volonté et capacité à l'autodéfense". "Nous n'avons aucune intention d'escalade, mais sommes entièrement préparés à le faire si nous sommes forcés à ce paradigme", poursuit le communiqué.

Signe de la volatilité de la situation, le Pakistan a fermé son espace aérien "jusqu'à nouvel ordre". En Inde, au moins neufs aéroports de la pointe nord du pays ont été fermés aux vols civils, selon l'agence Press Trust of India. L'Autorité indienne de l'aviation civile n'a fait aucun commentaire dans l'immédiat. 

D'où vient cette crise du Cachemire ?

Depuis 1947, et la partition de l'empire colonial britannique, la tension reste vive entre l'Inde et Pakistan qui se sont déjà affrontés à deux reprises dans la zone du Cachemire. L'Inde accuse depuis longtemps son voisin de soutenir discrètement les infiltrations d'insurgés au Cachemire indien, accusations qui ont toujours été démenties par les responsables pakistanais.

En décrivant l'opération de mardi comme une "action préventive non militaire" ayant seulement visé un groupe islamiste et non l'État pakistanais, New Delhi cherche toutefois à limiter ses répercussions, selon Samir Saran, le président de l'Observer Research Foundation à New Delhi. 

L'attentat du 14 février avait suscité une vague de colère en Inde et des appels à des représailles. Le Premier ministre Narendra Modi, qui cultive une image d'homme fort et briguera un deuxième mandat au printemps, est soumis à la pression de son opinion publique en vue de procéder à une réplique musclée. 

En 2016, en représailles à l'attaque meurtrière d'une base militaire indienne par un commando islamiste, le chef du gouvernement indien avait ordonné une série de raids de commandos le long de la ligne de cessez-le-feu au Cachemire.

© AFP
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