[scald=24883:sdl_editor_representation]par Khaled Yacoub Oweis

AMMAN (Reuters) - Des centaines de milliers de Syriens ont défilé dans les rues vendredi à l'issue des traditionnelles prières hebdomadaires, ont rapporté des témoins et des membres de l'opposition, plus que jamais déterminés à faire plier Bachar al Assad malgré sa politique de répression.

Le régime syrien a répliqué et le bilan de la journée fait état de 11 personnes abattues par les forces de sécurité, selon des militants des droits de l'homme.

A Homs, l'une des villes au coeur du mouvement de contestation, située dans le centre du pays, au moins cinq civils ont été tués et 38 autres blessés dans la nuit de jeudi à vendredi, après une incursion de blindés de l'armée syrienne.

Six autres personnes ont été abattues dans la journée dans un quartier de la banlieue de Damas, à Homs et aussi dans la région d'Idlib, dans le nord-ouest du pays, ont rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme et l'Organisation nationale pour les droits de l'homme.

Les principaux rassemblements appelant au départ du président syrien ont eu lieu à Damas, Homs, Latakié, Deraa ainsi qu'à Daïr az Zour, ont rapporté des témoins.

INCIDENTS DANS L'EST A MAJORITE KURDE

Au début confinées dans des zones rurales et peu habitées, les manifestations hostiles au régime syrien ont désormais gagné des grands bassins de population tels que Homs et Hama.

"Des chars et des blindés ont pris position dans les artères principales de Homs, mais dans les rues adjacentes, une foule immense manifeste", a dit à Reuters un habitant de la ville du centre du pays se faisant appeler Oussama.

Autre fait significatif, d'importantes manifestations pro-démocratie ont eu lieu dans la ville à majorité kurde de Kamichli, dans l'extrême est de la Syrie, ont rapporté des témoins.

Des centaines de policiers et miliciens fidèles au président syrien Bachar al Assad ont chargé à coups de matraques des milliers de manifestants, qui criaient des slogans pour réclamer des libertés politiques et l'arrêt de la discrimination des autorités envers la minorité kurde.

Depuis le début du soulèvement de l'opposition syrienne, c'est la première fois qu'est signalée une action aussi violente des forces de l'ordre contre des manifestants kurdes.

Dans le sillage de ce que certains ont surnommé le "Printemps arabe", la Syrie connaît depuis la mi-mars un vaste mouvement de contestation du régime de Bachar al Assad, dont la famille dirige la Syrie depuis 40 ans.

Selon l'opposition, la répression orchestrée par l'armée, les forces de sécurité et les miliciens a coûté la vie à au moins 1.400 civils depuis le début du mouvement.

Khaled Yacoub Oweis, Suleiman al Khalidi, Marine Pennetier et Olivier Guillemain pour le service français

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