Après Istanbul et Bagdad, le cycle de négociation entre le groupe du 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité plus l'Allemagne) s'est déplacé pour deux jours à Moscou (18-19 juin). Changement de latitude mais toujours aucun résultat tangible. "Les débats se sont concentrés sur l'offre du 5+1 et la contre offre iranienne" , explique un diplomate occidental. On a parlé nucléaire dans tous les détails...

Les uns et les autres ont rappelé leurs positions bien connues. Les Iraniens ont une nouvelle fois réclamé la levée des sanctions et le droit à l'enrichissement. En face, on leur a répété que le TNP ne mentionnait en aucune façon le droit à l'enrichissement mais à l'accès au nucléaire civil à des fins pacifiques. A un moment, rapporte notre diplomate, "on s'est posé la question de continuer ou pas la négociation," tout en ajoutant : "nous devons aller jusqu'au bout du processus et même au-delà." Donc, on continue faute de mieux...

A la question de savoir si ces négociations interminables qui ne débouchent sur rien ne faisaient pas finalement le jeu des Iraniens qui poursuivaient, eux, l'enrichissement, il nous a répondu : "on ne peut pas dire cela car si les négociations ne progressent pas, la pression, elle, augmente sur l'Iran." Effectivement, à partir du 1er juillet prochain, un embargo pétrolier décidé par l'Union européenne entre en vigueur. Sous pression depuis 1979, les Iraniens vont-ils finir par lâcher prise ? On peut en douter.

La réunion de Moscou s'est terminée par un coup de pied en touche. Des experts iraniens et du groupe des Six doivent se rencontrer le 3 juillet à Istanbul pour définir ou redéfinir des points techniques.

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