L'Iran inaugure ce samedi deux nouveaux réacteurs nucléaires. Cette initiative est rendue possible grâce à l'accord de 2015 avec les puissances occidentales.

La centrale de Bouchehr
La centrale de Bouchehr © Reuters

L' accord sur le nucléaire iranien signé entre l'Iran et six puissances occidentales (les cinq membres du Conseil de sécurité de l'ONU – États-Unis, France, Royaume- Uni, Chine, Russie – et l'Allemagne) le 14 juillet 2015 à Vienne a mis fin à douze ans de crise. Et permet qu'aujourd'hui, l'Iran poursuive son programme nucléaire, à des fins civiles, en respectant les limites imposées par l'accord. Selon les Russes, la construction et la fourniture du combustible seront effectuées sous le contrôle de l’Agence internationale de l’énergie atomique.

Ces deux réacteurs seront construits en partenariat avec la Russie sur la centrale nucléaire de Bouchehr. C’est Moscou qui fournira le combustible et qui s’engage à le récupérer et le recycler après usage. Pendant deux ans, l’exploitation sera assurée sous le contrôle des experts russes qui assureront la formation du personnel. Il n'est pas exclu que certains éléments du combustible soient produits en Iran.

Nucléaire iranien : ce que dit l'accord de Vienne
Nucléaire iranien : ce que dit l'accord de Vienne © Visactu

Avant l'accord sur le nucléaire

L'Iran veut se doter de l’arme nucléaire après la guerre contre l’Irak (1980-1988), mais aussi la montée en puissance militaire d’Israël.

  • La communauté internationale a suspecté l’Iran de vouloir se doter de l’arme nucléaire dès 2002 et apprend qu'un site d’enrichissement d’uranium à Natanz et d’une installation d’eau lourde à Arak sont en cours de construction dans le plus grand secret. Des images satellite confirment ces informations.
  • Les Américains accusent les autorités iraniennes de mettre au point secrètement des armes de destruction massive. Des inspections de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) confirment ces craintes.
  • l'Iran ne se cache plus et continue le développement de son programme. En 2006, le président Mahmoud Ahmadinejad affirme que l’Iran a rejoint les pays nucléaires, tout en assurant qu’il ne souhaite en faire qu'un usage civil.
Nucléaire iranien : les installations après l'accord de Vienne
Nucléaire iranien : les installations après l'accord de Vienne © AFP

Depuis l'accord de juillet 2015

Il n’est plus question de démanteler le programme nucléaire, mais d’empêcher le développement clandestin d’un programme nucléaire militaire.

L'Iran peut en revanche poursuivre son programme civil, qui consiste à enrichir de l’uranium naturel en faibles quantités pour produire de l'énergie.

Le nucléaire militaire consiste, lui, à enrichir l’uranium à 90%. Son utilisation est strictement encadrée par le traité de non-prolifération nucléaire (TNP) de 1968 – entré en vigueur en 1970 – qui réserve son utilisation à cinq pays : États-Unis, France, Royaume-Uni, Chine et URSS/Russie.

L'accord de Vienne prévoit :

  • Une limitation du programme nucléaire iranien pendant au moins dix ans. En échange, les sanctions économiques à l’encontre de l’Iran seront levées graduellement, notamment les avoirs gelés à l’étranger (environ 135 milliards d’euros).
  • Des contrôles renforcés des installations notamment par l'Agence internationale de l’énergie atomique. Le nombre de lieux à inspecter sera réduit. Il est question de limiter l’enrichissement de l'uranium et la production du plutonium. Pour cela, la centrale à eau lourde d’Arak sera modifiée pour ne pas avoir la capacité de produire du plutonium à vocation militaire.
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