François Hollande et Barack Obama à la Maison Blanche
François Hollande et Barack Obama à la Maison Blanche © Reuters / Carlos Barria

La visite de François Hollande à Washington était une étape essentielle dans les efforts français pour élargir la coalition anti-Daech. Barack Obama a multiplié les marques de soutien vis à vis de la France, et les deux hommes ont affiché une proximité de vue sur tous les aspects. Ce qui ne veut pas dire que, militairement, les changements seront spectaculaires.

Barack Obama ne fera rien pour perturber l'initiative de François Hollande, et le soutien des États-Unis à la France est garanti. Paris peut donc considérer que l'objectif de la visite est atteint. Mais le président américain n'entend rien céder sur l'essentiel de sa stratégie.

C'est vrai pour la place de la Russie au sein de la coalition : il faut un virage stratégique pour que les États-Unis acceptent de travailler avec elle, rappelle Barack Obama... Qui ne cache pas ses doutes. Au cours de l'entretien, les deux chefs d'État ont notamment évoqué le message que François Hollande fera passer à Vladimir Poutine , qu'il rencontrera jeudi.

Derrière l'entente cordiale, les deux chefs d'État ont encore leurs désaccords sur la méthode, Cyril Graziani

Forcément, le fait qu'un avion russe ait été abattu par la Turquie quelques heures auparavant a aussi été au cœur des discussions entre les deux chefs d'État. François Hollande a évoqué "un évènement grave et éminemment regrettable" : "ce qui vient de se produire oblige encore à trouver une solution pour résoudre la crise syrienne, car nous voyons les risques autrement d'un embrasement général. Toute escalade serait extrêmement dommageable."

Barack Obama a lui estimé que "la Turquie comme tous les pays a le droit de défendre son intégrité territoriale et son espace aérien".

Le problème, c'est que la Russie est concentrée sur un soutien à Assad et pas sur la lutte contre l'État islamique.

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Léger désaccord de fond aussi sur la nature de l'engagement militaire. Paris et Washington se disent d'accord pour une intensification des frappes, mais Barack Obama ajoute qu'il souhaite une participation plus importante des autres partenaires de la coalition.

D'ici-là, la France et les États-Unis affichent leur coopération modèle. Au moment de la visite de François Hollande, des Rafale décollaient du Charles-de-Gaulle pour bombarder, avec l'aide d'avions américains, un centre de commandement de l'organisation État islamique.

Une forme de traduction militaire du déjà fameux "Nous sommes tous Français" lancé à la Maison Blanche par Barack Obama, dans la langue de Molière...

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