Faute de consensus des sénateurs républicains, la Obamacare dont bénéficient plus de 20 millions d'Américains, ne sera pas abrogée, ces derniers ayant renoncé.

Etst-Unis : Obamacare pourrait bien subsister après le vote de défiance de 3 républicains
Etst-Unis : Obamacare pourrait bien subsister après le vote de défiance de 3 républicains © Reuters / Kevin Lamarque

Les efforts de Donald Trump pour abroger Obamacare ont subi lundi un contretemps majeur avec la décision de la sénatrice républicaine Susan Collins de voter contre le projet de réforme du système de santé. Susan Collins se joint ainsi à deux autres sénateurs républicains, John McCain et Rand Paul, dans leur rejet du texte d'abrogation de l'Affordable Care Act, qui a étendu en 2010, sous l'impulsion de l'ancien président démocrate Barack Obama, la couverture maladie à environ 20 millions d'Américains.

Je ne peux pas en mon âme et conscience voter pour ce texte. Il aura un tel impact sur un si grand nombre de personnes qu'il doit y avoir une approche bipartisane.

Il y a 52 républicains sur 100 au Sénat. Les 48 démocrates et apparentés sont opposés à toute abrogation. Si l'on rajoute les 3 républicains qui viennent de "basculer", le non l'emporte par 51 voix contre 49. En cas de vote 50-50, le vice-président (républicain) Mike Pence peut apporter une 51e voix.

Que dit Obamacare ?

Obamacare, ou Affordable Care Act, a été adoptée en 2010 sous l'administration de Barack Obama. Le réformer, selon un rapport publié en mai par le bureau du budget du Congrès (CBO) priverait de couverture maladie 14 millions de personnes supplémentaires dès 2018... Un chiffre qui monterait à 51 millions en 2026 avec la réforme de Donald Trump. Inacceptable pour les sénateurs démocrates, mais aussi désormais trois sénateurs républicains.

Le nombre d'Américains sans couverture santé a considérablement baissé grâce à Obamacare
Le nombre d'Américains sans couverture santé a considérablement baissé grâce à Obamacare © Visactu / Visactu

La réforme du président Obama a permis à nombre de ses concitoyens d'être assurés en offrant une couverture maladie de base aux 32 millions d'Américains les plus pauvres. Elle a obligé ceux qui n'avaient pas d'assurance maladie à souscrire avant 2014.

Résultat, 16% des habitants des États-Unis n'étaient pas couverts en 2010, au moment du vote d'Obamacare, mais ils n'étaient plus que 9% en 2016. Même chez les jeunes âgés de 19 à 25 ans, peu pressés de souscrire à une assurance maladie, ce taux est passé de 33,9% en 2010 à 14,7% en 2016.

ObamaCare a été signé en mars 2010 par Barack Obama. La loi permet d'offrir une couverture maladie de base à 20 millions d'Américains qui, auparavant, n'étaient pas couverts. Pour y parvenir, une plus grande régulation a été mise en place, et les entreprises et compagnies d'assurances ont été soumises à des contraintes nouvelles. En parallèle, les impôts ont été augmentés.

Les Américains les moins favorisés peuvent souscrire une assurance maladie financée en partie par l'Etat. Les programmes de couverture pour les plus démunis, les personnes âgées et les handicapés (Medicaid) sont étendus. Des millions d'employés ont maintenant accès à une couverture via une assurance d'entreprise. Grace à Obamacare, une compagnie d'assurance ne peut plus refuser un nouvel adhérent sous prétexte qu'il a une maladie déjà existante ("pre-existing condition"), ou ne peut plus imposer à un tel patient de payer plus cher.

Les entreprises de moins de 25 salariés bénéficient d'un crédit d'impôts ou de réductions d'impôts.

Tous ces avantages pour les Américains sont menacés si la proposition de loi Graham-Cassidy, du nom des deux élus qui la portent, est adoptée. Cette loi prévoit de réduire progressivement le budget fédéral de la santé sur la décennie prochaine, et permet aux Etats de s'affranchir des protections pour les patients inscrites dans la loi par Obamacare.

Réclamée depuis sept ans par les conservateurs, et promesse de campagne de Donald Trump, la réforme pourrait entraîner pour plus de 20 millions d'Américains la perte de leur couverture santé à l'horizon 2026, selon les experts.

Selon le Congressional Budget Office (CBO), des millions d'Américains perdraient toute couverture pour les soins les plus coûteux si le projet républicain était adopté. Si le texte passait, 49 millions d'Américains se retrouveraient sans couverture maladie d'ici 2026, contre 28 millions avec Obamacare. Mais les républicains n'arrivant pas à s'entendre, ils ont renoncé mardi à voter pour l'abrogation.

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