Boris Nemtsov
Boris Nemtsov © REUTERS/Maxim Shemetov / REUTERS/Maxim Shemetov

Ils ont été des milliers a défiler mardi devant le cercueil de l'opposant dont l'assassinat vendredi soir, à deux pas du Kremlin, a indigné l'opposition.

Le président russe a nié toute implication dans ce meurtre, semble-t-il soigneusement préparé, et a dépêché le vice-Premier ministre Arkadi Dvorkovitch, un représentant de l'aile libérale de plus en plus minoritaire au Kremlin, à la cérémonie. La plupart des personnes qui s'étaient déplacées étaient cependant des opposants, très minoritaires dans le pays, tant la popularité de Vladimir Poutine reste élevée.

Des photos de l'opposant, qui était âgé de 55 ans, étaient accrochées aux murs de la salle où avait également pris place l'ancien Premier ministre britannique John Major. Lev Ponomariov, un militant des droits de l'homme en vue, a dénoncé la campagne menée par les médias officiels contre les opposants du Kremlin, régulièrement qualifiés de "traîtres".

Des Européens refoulés à la frontière

Parmi eux, le chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius, le maire de Riga, la capitale lettonne, Nils Usakovs, le président du Sénat polonais, Bogdan Borusewicz, l'eurodéputée lettonne Sandra Kalniete et le vice-ministre polonais des affaires étrangères Konrad Pawlik... Les autorités serrent encore un peu plus la vis.

Marc Crépin est à Moscou

le point sur l'enquête : la compagne de Boris Nemtsov n'aurait rien vu

La compagne de l'opposant russe Boris Nemtsov s'est exprimé dans un entretien accordé à la chaîne d'information en ligne Dojd :

Je suis dans un état psychologique difficile et je ne peux plus en parler. Je me sens mal [...] Je n'ai vu personne. Je ne sais pas d'où il venait. Il était derrière moi.

Anna Douritskaïa, qui ne s'était pas exprimée en public depuis les faits. Le mannequin ukrainien âgé de 23 ou 24 ans est rentrée dans son pays. La police l'a interrogée à plusieurs reprises et ses biens, téléphones y compris, ont été inspectés. Le premier interrogatoire, qui a duré plusieurs heures, s'est selon elle déroulé en l'absence d'avocat ou de représentant de l'ambassade d'Ukraine.

Outre la piste islamiste et celle d'une tentative de déstabilisation du pouvoir, les forces de l'ordre disent avoir retenu l'hypothèse de la jalousie. Interrogée sur le sujet, la jeune femme a répondu : "Je ne pense rien. Je ne suis pas capable de réfléchir pour le moment. Je ne sais pas qui a fait cela".

Agé de 55 ans, Boris Nemtsov, vice-Premier ministre de Boris Eltsine à la fin des années 1990, était l'une des figures de la contestation anti-Poutine de l'hiver 2011-2012 et avait fait de la dénonciation de l'implication de Moscou dans le conflit ukrainien son nouveau cheval de bataille.

assassinat de Nemtsov : ce que l'on sait
assassinat de Nemtsov : ce que l'on sait © Radio France
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