Mobilisation massive à Hong Kong contre le pouvoir chinois
Mobilisation massive à Hong Kong contre le pouvoir chinois © Reuters / Carlos Barria

Des milliers de manifestants pro-démocratie occupent le centre-ville de l'ancienne colonie britannique depuis dimanche, et la police peine de plus en plus à les déloger. De son côté, le pouvoir chinois fait tout pour que les manifestations passent inaperçu... y compris sur Internet.

Pour les Chinois, impossible ce matin d'accéder à Twitter, Facebook, Instagram, et même Weibo, le réseau social chinois. Et pour cause : depuis plusieurs heures maintenant, on y voit passer les images d'un véritable soulèvement à Hong Kong, une région au statut bien particulier où le régime central compte étendre son influence.

La police de Hong Kong a beau tirer des grenades lacrymogènes pour tenter de disperser les milliers de militants pro-démocrates (dont certains ont commencé à ériger des barricades pour tenir tête aux forces de l'ordre), la mobilisation ne semble pas faiblir. Les dernières photos accessibles sur les réseaux sociaux, via les mots-clés ou (la Révolution des Parapluies) montrent une véritable marée humaine en pleine ville.

Les images des manifestations occupent aussi Twitter

Les policiers anti-émeute ont aussi chargé à coups de matraque un groupe de manifestants qui bloquaient plusieurs rues de l'ancienne colonie britannique à quelques heures de l'ouverture de l'un des principaux centres financiers de la planète.

Le mouvement "Occupy Central", qui devait démarrer mercredi, a donc commencé en avance et a fait vivre à Hong Kong un week-end traumatisant.

Les précisions sur place de Florence de Changy

Dans la matinée de lundi, le gouvernement local a annoncé le retrait des forces anti-émeutes. Il demande donc aux manifestants de faire de même et de se retirer des rues de la ville aussi pacifiquement que possible.

Des élections désormais réservées aux candidats "patriotes"

Rejetant fin août les demandes d'élection du prochain dirigeant hongkongais au suffrage universel direct, en 2017, Pékin a opté pour des candidatures de personnalités "patriotes" préalablement sélectionnées par une commission désignée par les autorités.

Hong Kong bénéficie depuis sa rétrocession à la Chine, en 1997, du statut de "région administrative spéciale" qui lui accorde une certaine autonomie et de plus grandes libertés dans le cadre du principe "Un pays, deux systèmes".

Le chef de l'exécutif local, Leung Chun-ying, a promis de nouvelles consultations sur une réforme électorale sans en préciser toutefois le calendrier et en ajoutant que les décisions prises à Pékin étaient "légalement contraignantes". En attendant, il appelle la population à se tenir à l'écart des "manifestations illégales" et annonce qu'il agira avec "détermination" contre le mouvement Occupy Central with Love and Peace (OCLP), principale organisation pro-démocrate.

À Pékin, la situation de Hong Kong embarasse de plus en plus, malgré la propagande, Philippe Reltien

De son côté, le mouvement "Occupy Central" réclame "une relance du processus de réformes politiques", en marge d'un "nouveau rapport sur les réformes politiques qui reflète pleinement les aspirations à la démocratie du peuple de Hong Kong" et qui doit selon eux être remis prochainement par les autorités locales. "Quiconque doté d'une conscience devrait avoir honte d'être associé à un gouvernement qui fait si peu de cas de l'opinion publique", assure le mouvement.

Jimmy Lai, magnat de l'édition et soutien fervent du mouvement démocratique, appelle à la mobilisation la plus large possible. Face à la foule, il demande aux manifestants de ne rien lâcher.

Plus il y aura de citoyens de Hong Kong, plus il sera improbable que la police puisse nettoyer les lieux. Nous gagnerons cette guerre par l'amour et la paix.

Jusqu'à présent, la police a arrêté 78 personnes, dont Joshua Wong, 17 ans, chef de file du mouvement étudiant "Scholarism", lancé lundi dernier. Il a été relâché dimanche, comme deux autres leaders étudiants, Alex Chow et Lester Shum.

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