La Turquie mène depuis samedi "Rameau d'olivier", une opération à l'encontre d'un groupe kurde qu'elle qualifie de terroriste. En appui de la progression terrestre d'un groupe de rebelles syriens, Ankara bombarde l'enclave kurde d'Afrine, située dans le nord de la Syrie.

L'opération "Rameau d'olivier" lancée samedi par la Turquie contre une enclave kurde dans le nord de la Syrie
L'opération "Rameau d'olivier" lancée samedi par la Turquie contre une enclave kurde dans le nord de la Syrie © AFP / Ensar Ozdemir / ANADOLU AGENCY

Des soldats turcs sont entrés dimanche dans la région d'Afrine, dans le nord de la Syrie, au deuxième jour d'une vaste offensive contre une milice kurde considérée comme "terroriste" par Ankara, les Unités de protection du peuple (YPG), mais l'organisation est aussi soutenue par Washington. 

Forces en présence dans le nord de la Syrie, au 17 janvier.
Forces en présence dans le nord de la Syrie, au 17 janvier. © AFP / SIMON MALFATTO, LAURENCE SAUBADU, SOPHIE RAMIS, THOMAS SAINT-CRICQ

Depuis samedi, dans le cadre de l'opération "Rameau d'olivier", l'armée turque a multiplié les frappes aériennes et les bombardements d'artillerie contre les positions des YPG dans la région d'Afrine. 

Le Premier ministre Binali Yildirim avait annoncé peu de temps auparavant que l'armée turque était entrée dans cette province du nord de la Syrie, une affirmation aussitôt démentie par les miliciens kurdes qui tiennent ce secteur et qui sont visés par l'opération conduite par Ankara.

Ankara entend créer une "zone de sécurité"

L'avancée, affirmé Binali Yildirim, vise à établir une "zone de sécurité" d'une profondeur de 30 km à partir de la frontière.  La Turquie accuse les YPG d'être la branche en Syrie du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux qui mène une sanglante guérilla sur le sol turc depuis 1984.  

Mais les YPG sont aussi l'épine dorsale des Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance de combattants kurdes et arabes soutenue par les États-Unis pour combattre le groupe État islamique (EI) dans le nord de la Syrie.

Selon l'agence de presse étatique Anadolu, les soldats turcs progressent dans la région d'Afrine en compagnie de combattants syriens formés par Ankara. Ni le nombre de combattants, ni leurs objectifs n'étaient connus dans l'immédiat.  

Paris appelle Ankara à la retenue

Plusieurs pays ont appelé la Turquie à cesser cette intervention, à commencer par la France. La ministre des Armées Florence Parly a ainsi estimé que cette opération ne pouvait que nuire à la lutte contre le groupe EI. "Ce sont les forces kurdes syriennes dont il s'agit, ne l'oublions pas, et il me semble que la préoccupation du président (turc Recep Tayyip) Erdogan ce sont les forces kurdes turques", a-t-elle ajouté.

Le ministère français des Affaires étrangères a aussi appelé la Turquie à "agir avec retenue".  "La France est attentive à la sécurité de la Turquie, de son territoire  et de ses frontières", a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay dans un communiqué.  "Elle appelle les autorités turques à agir avec retenue dans un contexte difficile où la situation humanitaire se détériore dans plusieurs régions de Syrie en conséquence des opérations militaires qui y sont menées par le régime de Damas et ses alliés", a-t-il ajouté.

La Syrie et l'Iran se sont aussi fait entendre, Bachar Al-Assad, le dirigeant syrien, a accusé Ankara de soutenir le "terrorisme" par cette intervention. L'Iran, allié de Damas, a réclamé un arrêt immédiat de l'offensive turque dans laquelle, dans l'après-midi dimanche, une personne a été tuée et 32 autres blessées lors de la frappe d'un missile sur une ville turque, en provenance de la Syrie.

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