Les pays membres de l'OPEP se réunissent ce lundi avec leurs partenaires pour discuter de l'accord de limitation de la production de pétrole, en pleine crise diplomatique.

Plateforme pétrolière en Angola.
Plateforme pétrolière en Angola. © AFP / MARTIN BUREAU

L'OPEP et ses partenaires, dont la Russie, se réunissent ce lundi à Saint Pétersbourg pour discuter de l'accord de limitation de la production de pétrole qui les lie depuis fin 2016. Certains investisseurs appellent l'OPEP à limiter encore plus la production pour soutenir les prix. Pas sûr que tous les pays membres soient d'accords, et que ce soit vraiment efficace.

L’OPEP, un pot-pourri de 14 pays très différents

Car l’OPEP est un amas de pays qui ne sont pas tout le temps sur la même longueur d’ondes. L’organisation des pays exportateurs de pétrole est née le 14 septembre 1960, pour contrer la baisse des prix voulue par les grandes compagnies pétrolières occidentales. Elle est composée de 14 pays, l'Arabie saoudite, l'Iran, l'Irak, le Koweït, le Venezuela, les Émirats arabes unis, le Qatar, la Libye, le Nigeria, le Gabon, la Guinée équatoriale, l’Équateur, l’Angola et l’Algérie.

Comme l’union fait la force, ces pays se sont alliés par nécessité, pour lutter contre les compagnies pétrolières occidentales, et jouer un rôle dans la fixation des prix du pétrole. Les pays membres produisent 40% du pétrole mondial. Le cartel a connu ses heures de gloire entre 1973 et 1980, pendant les chocs pétroliers. L'OPEP a fermé les robinets, faisant exploser les prix.

Cependant, les intérêts des pays membres de l'OPEP sont très divergents. L'Algérie et le Nigéria ont des réserves pétrolières limitées, et ont besoin de se développer, les Émirats arabes unis et l'Arabie saoudite sont beaucoup plus puissants, et peuvent se permettre d'inonder le marché comme de fermer les vannes. Par ailleurs, aux inégalités économiques s'ajoutent des rivalités politiques entre l'Irak et l'Iran, et entre l'Arabie saoudite et le Qatar.

Le Golfe en pleine crise

Il y a un mois et demi, une violente crise diplomatique a éclaté entre l’Arabie saoudite et le Qatar, soupçonné de soutenir le terrorisme. Riyad avait sommé les États africains de prendre position. Les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Yémen et l’Égypte, ont aussi coupé les relations diplomatiques avec le Qatar. Un blocus terrestre a été mis en place. Certains pays tentent donc d'isoler l'un des pays membre de l'OPEP.

Mais d'autres pays, le Nigéria et l'Algérie, ont décidé de ne pas prendre parti, et ont appelé au dialogue, car ils entretiennent des liens diplomatiques et économiques forts avec les deux pays, l'Arabie saoudite et le Qatar.

Quel poids pour l'OPEP ?

Comment, dans ces conditions, discuter tranquillement autour de la table ? La participation du Qatar à l'accord de baisse de la production de pétrole est remise en cause. Il y a deux mois, les pays exportateurs de pétrole ont décidé de reconduire pour neuf mois, jusqu’en mars 2018, les quotas décidés en novembre 2016. L'accord prévoit une baisse globale de 1,8 million de barils par jour, répartie entre 24 pays producteurs, membres ou non du cartel.

Cet accord lie des États représentant 60 % de la production mondiale. Mais pas les Etats-Unis, la Chine, le Canada et la Norvège. Ces pays ne sont pas associés, la production se maintient donc à des niveaux élevés. L’offre de pétrole de schiste américain continue de tirer les prix du brut vers le bas sur les marchés mondiaux. Par ailleurs l’Équateur, le Nigéria et la Libye produisent davantage de pétrole que leurs quotas.

Malgré les limitations de production instaurées par l'OPEP, le baril de brut s'échange à moins de 50 dollars, contre plus de 100 dollars le baril de brut il y a trois ans. L'OPEP ne fait donc plus à elle seule la pluie et le beau temps.

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