L'offensive sur Rakka, fief des djihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) dans le nord-est de la Syrie, a débuté ce dimanche.

Les forces syriennes démocratiques au nord de Rakka
Les forces syriennes démocratiques au nord de Rakka © Reuters / Rodi Said

C'est ce qu'ont annoncé les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans un communiqué. Cette alliance arabo-kurde, formée l'an dernier, appelle les civils vivant dans la capitale de facto du "califat" proclamé par l'EI à éviter les zones où sont présents des combattants djihadistes et à gagner le "territoire libéré".

L'offensive, qui répond au nom de code de "Colère de l'Euphrate", a été déclenchée en coordination avec la coalition anti-EI mise en place par les Etats-Unis, précise le commandement des FDS.

Rakka, la bataille à plusieurs inconnues

La reconquête de Rakka, capitale autoproclamée de l'Etat islamique en Syrie, sera une offensive en deux temps et à plusieurs inconnues impliquant des acteurs aux intérêts divergents.

Dans ce pays ravagé par la guerre depuis cinq ans, la coalition dispose d'une marge de manœuvre plus limitée qu'en Irak où elle intervient à la demande de Bagdad et où elle apporte un soutien terrestre en matière d'artillerie et de formation aux forces irakiennes et aux combattants kurdes.

Sur cette toile de fond complexe vient se greffer l'antagonisme entre la Turquie et les Kurdes, qui occupe une place centrale et pèse fortement sur le déroulé du plan de bataille de la coalition internationale.

A l'heure actuelle, seules les Forces démocratiques syriennes (FDS), une alliance arabo-kurde, sont en mesure de participer à l'isolement de Rakka, souligne-t-on à Paris et Washington.

S'appuyer sur les Kurdes ?

L'alliance, qui regroupe une composante arabe et les miliciens kurdes syriens des Unités de protection du peuple (YPG), a repris plusieurs villes du nord de la Syrie ces derniers temps, dont Manbij en août. Les YPG sont considérées comme les troupes les plus efficaces pour reprendre du terrain à l'organisation djihadiste.

Or, la Turquie, qui redoute la formation d'une zone autonome kurde dans le nord de la Syrie, a fait savoir qu'elle était prête à participer à la reconquête de Rakka, mais refuse une opération qui impliquerait les combattants kurdes qu'elle considère comme "terroristes".

Les ministres de la Défense turc, américain et français se sont rencontrés à Bruxelles il y a plusieurs semaines, et il semblerait qu'ils aient opté pour une reconquête en deux temps.

L'isolement de Rakka à proprement parler serait confié aux Kurdes des FDS tandis que la reconquête de la ville en tant que telle serait menée par la composante arabe des FDS, composante qui monte en puissance.

Rakka est une ville à majorité sunnite. Les Kurdes n'ont pas forcément l'intention de rentrer dans la ville.

Au-delà des tensions entre la Turquie et les milices kurdes, la composante arabe des FDS - qui compteraient 15.000 hommes actuellement - sera-t-elle suffisante pour faire face aux 4.000 combattants de l'EI censés être présents à Rakka?

Autre inconnue, la réaction de la Russie, allié du régime de Bachar al Assad, qui a fait part par le passé de son intention d'appuyer l'armée syrienne pour reconquérir Rakka.

Quant à l'"après-reconquête", tout reste à faire en matière d'accord politique entre les différentes forces de la région.

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