hassan rohani dit l'iran prêt à plus de transparence
hassan rohani dit l'iran prêt à plus de transparence © reuters

Le nouveau président iranien Hassan Rohani a prêté serment dimanche devant le parlement, et lui a immédiatement soumis la composition de son gouvernement, dont plusieurs postes clés ont été offerts à des techniciens

Considéré comme un religieux relativement modéré, Hassan Rohani a juré, lors d'une cérémonie retransmise en direct à la télévision nationale, de se conformer à la constitution et de protéger la religion officielle de la République islamique d'Iran.

Il a également prôné le dialogue sur le plan international , alors que les négociations sur le programme nucléaire controversé de Téhéran sont restées dans l'impasse pendant les deux mandats de son prédécesseur Mahmoud Ahmadinejad. Hassan Rohani :

La seule façon d'interagir avec l'Iran, c'est un dialogue sur un pied d'égalité, la restauration de la confiance et un respect mutuel, de même qu'une diminution des antagonismes et des agressions. Si vous voulez une réponse appropriée, ne parlez pas à l'Iran dans la langue des sanctions, parlez lui dans la langue du respect.

L'Iran subit depuis plusieurs années une série de sanctions internationales, en particulier contre son secteur énergétiques, mises en oeuvre par les Etats-Unis et l'Union européenne qui soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme atomique, malgré les dénégations de Téhéran.

Le premier gouvernement de Rohani

Le gouvernement Rohani, les précisions de Christian Chesnot

Selon Jay Carney, porte-parole de la Maison blanche :

Si ce nouveau gouvernement choisit de s'engager de façon conséquente et sérieuse pour obéir à ses obligations internationales et trouver une solution pacifique à ce problèmes, les Etats-Unis seront bien disposés à lui servir de partenaire.

Le nouveau président iranien a tout de suite soumis au parlement sa proposition de gouvernement , même s'il avait deux semaines pour le faire. Il a choisi comme ministre des Affaires étrangères l'ancien ambassadeur d'Iran aux Nations unies, Mohammad Javad Zarif , bien connu à Washington de Joe Biden, le vice-président américain, et de Chuck Hagel, le secrétaire à la Défense. Selon Ali Vaez, spécialiste des questions iraniennes à l'ONG International Crisis Group :

Les talents uniques de Zarif lui permettent de corriger par sa seule personnalité les incompréhensions entre l'Ouest et l'Iran.

Hassan Rohani a en outre replacé à la tête du ministère du Pétrole, poste clé en Iran, Bijan Zanganeh , qui avait déjà occupé ce poste dans un gouvernement réformiste entre 1997 et 2005.

Bijan Zanganeh, un technicien qui bénéficie de la protection du Guide suprême Ali Khamenei, avait alors attiré des milliards de dollars d'investissements étrangers dans le pétrole et le gaz iraniens, avant la mise en oeuvre des sanctions internationales.

Objectif N°1 : lutter contre l'inflation

hassan Rohani
hassan Rohani © idé / idé

Le ministère de l'Economie a, lui, été proposé à Ali Tayyeb-Nia , un habitué des gouvernements iraniens, auxquels il a participé sous les présidences du centriste Akbar Hashemi Rafsanjani, du réformiste Mohammed Khatami et du conservateur Mahmoud Ahmadinejad.

Ali Tayyeb-Nia est un spécialiste de la lutte contre l'inflation , qui sera l'un des principaux objectifs de la présidence de Hassan Rohani, selon qui la hausse des prix a atteint 42% le mois dernier.

Le président du Majlis a indiqué que le parlement, dominé par les conservateurs, examinerait dans la semaine les nominations proposées par le nouveau président. Elu confortablement en juin dernier pour succéder à Mahmoud Ahmadinejad, Hassan Rohani doit essayer de satisfaire les demandes de ses alliés réformistes, tout en se gardant des conservateurs qu'il a vaincus dans les urnes mais qui restent présents à tous les niveaux du pouvoir.

Samedi, il a reçu l'onction de l'ayatollah Ali Khamenei qui, lors d'une cérémonie sur un site religieux de la capitale, l'a embrassé sur la joue avant que le nouveau président ne dépose à son tour un baiser sur son épaule en guise de soumission.

Hassan Rohani est avant tout un homme du sérail. Il a passé 16 années comme chef du Conseil suprême pour la sécurité nationale et les huit dernières années comme l'un des deux représentants personnels du Guide suprême, qui détient l'essentiel du pouvoir au sein de la République islamique.

Ce que change l'élection de Rohani

Thierry Coville, chercheur à l'Iris souligne sur France Info que Rohani est plus modéré que son prédécesseur :

Il y a eu un changement en Iran : avec Rohani, ce ne sera pas la même chose que sous Ahmadinejad.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.