De passage à Paris, Afif Safieh, responsable au département des relations internationales du Fatah, a fait le point sur la stratégie diplomatique des Palestiniens, lors d'une conférence au Centre d'accueil de la presse étrangère (CAPE).

D'abord le constat en forme d'évidence : "aujourd'hui, il n'y a ni paix ni processus," explique cet ancien ambassadeur à Londres, Washington et Moscou. Pour Afif Safieh, les propos tenus dans les années 70 par Nahum Goldman, un leader du mouvement sioniste, n'ont jamais été aussi pertinents quand il disait : "la diplomatie au Proche-Orient, c'est l'art de différer l'inévitable!"

Pour Afif Safieh, compte tenu de l'impasse, "il faut que les Palestiniens découplent la reconnaissance de l'Etat palestinien à l'ONU et la réalité du terrain" . Après deux Intifadas, l'heure est à la résistance civile et pacifique.

Afif Safieh

Les Israéliens n'ont pas l'intention de changer leur ligne politique, c'est-à-dire le grignotage des terres palestiniennes. Pour Afif Safieh, "ils veulent la géographie palestinienne sans la démographie palestinienne." Quand à la reconnaissance à l'ONU, les Palestiniens ont bien l'intention de ne pas en rester là et de capitaliser sur leur victoire à l'UNESCO à l'automne dernier. L'idée est de convaincre la communauté internationale de ne pas oublier la Palestine sous prétexte qu'il y a urgence à régler la crise syrienne.

Afif Safieh

Pour lui, le défi actuel pour les Palestiniens est d'éviter d'avoir"une unité sans stratégie" ou "une stratégie sans unité" . Il nous faut absolument les deux, explique Afif Safieh.

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