David Cameron a fini par avouer avoir possédé des actions offshore.
David Cameron a fini par avouer avoir possédé des actions offshore. © Reuters / Dan Kitwood

David Cameron fait face à une tempête politique. Le premier ministre britannique a reconnu jeudi avoir bénéficié de fonds issus des paradis fiscaux, hérités de son père. Après avoir tenté pendant quatre jours de démentir, il est rattrapé par sa fortune.

Quatre jours après sa mise en cause, le Premier ministre britannique avoue avoir possédé des actions offshore. Jeudi soir, à la télévision sur la chaîne ITV, il a expliqué avoir détenu dans le passé des parts dans le fonds offshore de son père.

Depuis les révélations des "Panama Papers" sur son compte, le Premier ministre britannique a fini par reconnaître lors d'une interview qu'il avait bien possédé, il y a six ans, des actions dans le fonds fiduciaire de son père immatriculé aux Bahamas.

Il assure avoir vendu ces parts en janvier 2010 pour environ 30.000 livres (37.000 euros), quelques mois avant d'être élu Premier ministre. Par ailleurs, cette démarche n’a pour lui rien d’illégale. Il avoue vivre des "jours difficiles" depuis la publication dimanche soir de détails sur Blairmore Holding.

Ce fonds basé aux Bahamas était dirigé par son père, Ian Cameron, décédé en 2010. L’existence de ce fonds d'investissement, a été révélée en 2012 par le journal The Guardian. Ces fonds ont échappé au fisc britannique pendant 30 ans grâce à un montage compliqué via le cabinet d'avocats panaméen Mossack Fonseca.

C’est ce qu’a démontré l’enquête dite des "Panama Papers".

Appels à la démission

Sur les réseaux sociaux les appels à la démission de Cameron ont aussitôt fleuri notamment dans le camp de l'opposition travailliste.

Face aux accusations d’évasion fiscale, Downing Street a d'abord évoqué « une affaire privée » Une probable erreur de communication car Cameron a lui-même assuré ne détenir "aucune action, aucun trust offshore, aucun fonds offshore, rien de tout cela". Et deux jours plus tard, il finit par avouer que, s'il ne possède effectivement plus d'action, il avait bien détenu par le passé ...

Rien fait d'illégal

Le Premier ministre a expliqué qu'il avait payé ses impôts au Royaume-Uni sur les dividendes encaissées et qu'il n'avait rien fait d'illégal. "Je n'ai honnêtement rien à cacher. Je suis fier de mon père et de ce qu'il a accompli, de l'entreprise qu'il a montée et tout le reste. Je ne peux supporter que son nom soit traîné dans la boue", a-t-il insisté.

D’après le quotidien le Guardian, membre du Consortium international des journalistes d'investigation (ICIJ) en possession des Panama papers, le fonds de Ian Cameron employait une cinquantaine de personnes basées aux Bahamas. Ces gens signaient des papiers et jouaient le rôle de trésorier et secrétaire, un arrangement qui n'est pas illégal.

"Je pense que beaucoup de critiques sont fondées sur une mauvaise interprétation fondamentale qui voudrait que Blairmore Investment ait été monté dans l'idée d'échapper à l'impôt. C'est faux", a assuré le Premier ministre.

Cameron doit présider le mois prochain à Londres un sommet anti-corruption.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.