Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19. Ce mercredi 1er avril, l'actualité internationale nous amène au Mali où des preuves de vie de Sophie Pétronin, enlevée en 2016, ont été apportées à son fils, et en Allemagne où la production générée par les énergies renouvelables a atteint un nouveau record.

Sébastien Chadaud-Pétronin à côté d'une photo de sa mère, enlevée à Gao au Mali le 24 décembre 2016 Auteur :
Sébastien Chadaud-Pétronin à côté d'une photo de sa mère, enlevée à Gao au Mali le 24 décembre 2016 Auteur : © AFP / Mehdi FEDOUACH

MALI | Sophie Pétronin, enlevée au Mali le 24 décembre 2016, est toujours en vie. Le ministère des Affaires étrangères a reçu plusieurs preuves de vie. Il a convoqué la semaine dernière le fils de l'humanitaire et lui a montré des images datant de l’année dernière. "En août 2019, Sophie était bien en vie, elle était alitée, en bonne santé mentale mais en mauvaise santé physique", indique Sébastien Chabaud-Pétronin à la rédaction internationale de Radio France, "des médicaments lui sont disponibles, elle semble bien traitée. Ensuite, le quai d'Orsay parle d'une preuve de vie début mars, mais pas de détail à ce sujet, c'est un peu maigre mais c'est mieux que rien".

La famille de Sophie Pétronin, 74 ans, n’avait plus eu de nouvelles depuis 2018. "On se réjouit de savoir qu'elle est en vie, même si ça nous rend encore très tristes", explique Sébastien Chadaud-Pétronin. "c'est difficile (...). On a l'impression qu'il n'y a pas de perspective de sortir Sophie Pétronin de sortir de son enfer. Avec tous les proches, on continue à chercher comment on pourrait l'aider". Sébastien Chadaud-Pétronin adresse ce message qui parviendra, espère-t-il, à sa mère : "Ma petite maman, évidemment qu'on ne t'oublie pas et on continue à espérer que tu sortiras de là".

AFGHANISTAN | Rencontre inédite entre gouvernement et talibans. Cela faisait 18 ans, depuis que les talibans ont été chassés du pouvoir par les Américains, qu’une telle réunion n’avait pas eu lieu. Les insurgés refusaient jusqu’à présent de rencontrer officiellement des représentants du gouvernement. Mercredi, les deux parties se sont vues en "face à face" pour discuter d’un échange de prisonniers.

Cet échange de prisonniers est un des points cruciaux de l’accord signé le 29 février à Doha entre les États-Unis et les talibans, non ratifié par Kaboul. 5.000 prisonniers doivent être échangés contre 1.000 membres des forces afghanes. Une centaine devraient être libérés très prochainement, selon un porte-parole des talibans.

IRAN | Mécanisme de soutien commercial enclenché entre l’Iran et l’Union européenne. Pour la première fois depuis sa création en janvier 2019, Bruxelles et Téhéran ont activé cette semaine le mécanisme INSTEX (Instrument de soutien aux transactions commerciales). Cette chambre de compensation commerciale, concernant le matériel médical et les produits agricoles, permet aux entreprises européennes d’échapper aux sanctions américaines.

Le matériel livré via INSTEX "n'est pas lié à la pandémie de coronavirus", a précisé une source européenne, ajoutant que la transaction était "dans les tuyaux depuis décembre dernier". L'identité des fournisseurs de ce matériel médical n'a pas été dévoilée, pas plus que le type de biens. Pour autant, le contexte sanitaire actuel en Iran a sans aucun doute accéléré l’activation d’INSTEX. Cette première transaction réussie ouvre une brèche dans le mur de sanctions imposées par l’administration Trump. D’autres échanges, médicaux ou agricoles, pourraient suivre prochainement.

Depuis des mois, l’Iran, qui est sorti des clous de l’accord nucléaire de Vienne de juillet 2015 après le retrait américain de cet arrangement international, met la pression sur les Européens pour qu’ils compensent l’assèchement de ces revenus pétroliers à cause des sanctions américaines.

BRÉSIL | Mort d’un leader indigène défenseur de la forêt amazonienne. Le 5e assassiné en quatre mois dans le pays. Zezico Rodrigues Guajajara rentrait dans son village de l’Etat de Maranhao, en Amazonie, lorsqu’il a été abattu mardi. Aucune arrestation, mais les autorités locales suspectent un trafiquant de bois qui le menaçait depuis quelques temps. 

Zezico était l’une des figures des "Gardiens de la forêt", un groupe formé par les Guajajara pour défendre les terres indigènes, menacées par l’exploitation illégale du bois et l’expansion agricole. Son chef, Paulo Paulino, avait été tué par balle en novembre dernier. "Le meurtre de Zezico Guajajara, un important leader et ennemi des trafiquants, n’est pas un incident isolé", écrit dans un communiqué Paula Vargas, directrice de l’ONG Amazon watch.  "Il est lié aux récents meurtres de la communauté indigène qui souffre des conséquences des activités criminelles des trafiquants et d’autres groupes qui envahissent leurs terres et menacent leur existence en toute impunité. Le gouvernement brésilien est complice de ces meurtres."

Depuis qu’il est arrivé au pouvoir, au lieu de la ralentir, le président Bolsonaro préconise l’exploitation commerciale, notamment minière, des terres indigènes et des zones préservées. Les communautés indigènes lui réclament des mesures pour les protéger.

ALLEMAGNE | Les énergies renouvelables battent un nouveau record. La production générée par les énergies durables a, pour la première fois, dépassé les 50% (52% précisément) de la production totale de l’électricité outre-Rhin au 1er trimestre. Le mois de février a été venteux et le mois de mars exceptionnellement ensoleillé. Cela se reflète dans le bilan électrique. A la même période l’an dernier, la part était de 44,4%. 

L’objectif en 2030 est d’atteindre 65%. Mais pour y parvenir, certains obstacles à la poursuite de l’expansion, notamment de l’éolien, doivent être levés. Les investissements publics doivent se poursuivre, disent les experts. Ainsi que ceux menés par des entreprises privées (sans aide financière public) comme l’actuelle construction du plus grand parc solaire du pays (187MW), près de Berlin.

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