Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19 | Ce vendredi 10 avril, l'actualité internationale nous emmène notamment aux États-Unis, où après ZTE et Huawei, c'est au tour de China Telecom d'être accusé de compromettre la sécurité nationale.

China Telecom, menacé par les autorités fédérales américaines, est l'un des leaders du déploiement de la technologie 5G pour mobiles.
China Telecom, menacé par les autorités fédérales américaines, est l'un des leaders du déploiement de la technologie 5G pour mobiles. © AFP / Nicolas Asfouri

ÉTATS-UNIS | China Telecom dans le collimateur des autorités fédérales. Les grands ministères américains – la Défense, la Sécurité intérieure ou le Commerce, notamment – ont "recommandé à l'unanimité" que le régulateur des télécommunications, la FCC, "révoque" l'autorisation datant de 2007 qui permet à la société chinoise d'exercer aux États-Unis.

China Telecom Americas est la plus importante filiale étrangère de l'entreprise. Elle fournit des services de télécommunications fixes (144 millions de clients dans le monde) et mobiles (227 millions) ainsi que des services internet (accès, hébergement, cloud, à 127 millions de clients).

Le ministère de la Justice, qui pointe notamment le rôle de la Chine dans des "actes malveillants" visant les États-Unis, évoque "des risques significatifs et inacceptables" en matière de "sécurité nationale". Le ministère s'inquiète en effet de "la nature des opérations de China Telecom" aux États-Unis, qui permettrait à des hackers parrainés par Pékin de se livrer à de l'espionnage économique et de perturber les réseaux de communication.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Zhao Lijian, a immédiatement réagi, en exhortant Washington "à respecter les principes du marché, à cesser (d')utiliser la sécurité nationale comme prétexte et à politiser les questions commerciales". Les entreprises chinoises Huawei et ZTE ont déjà été la cible de Washington. 

MUSIQUE | Il y a cinquante ans, la séparation des Beatles. C’était il y a tout juste un demi-siècle, le 10 avril 1970 : une interview de Paul McCartney sonnait la fin du plus grand groupe des années 60. Cela devait finir par arriver : depuis la sortie d’Abbey Road, leur chant du cygne, à l’été 1969 et même avant, les dissensions entre les quatre musiciens étaient devenues trop fortes, la tentation trop grande pour chacun de suivre son propre chemin. Mais personne n’avait encore osé claquer la porte.

Ce 10 avril, les propos de Paul Mc Cartney dans le Daily Mirror tombent comme un couperet, brisant le cœur de millions de fans à travers le monde. Dans une vraie-fausse interview où il fait lui-même les questions et les réponses, le chanteur et bassiste des Fab Four déclare qu’il quitte le groupe pour "divergences personnelles, financières, musicales, mais surtout parce qu’il se sent mieux avec sa famille". Mc Cartney n’a pas pris la peine de prévenir ses acolytes. Le divorce est consommé. Le communiqué officiel du groupe n’arrivera que quelques mois plus tard, en août 1970, après la sortie de l’album "posthume" Let it Be.

De fait, depuis l’enregistrement du Double Blanc en 1968, les Beatles ne sont plus vraiment un groupe, et se croisent de plus en plus rarement tous les quatre en studio. John Lennon, en plein trip "Peace and Love", accaparé par sa liaison avec Yoko Ono, a déjà pris la tangente. Bien avant Paul, il a été le premier à annoncer aux autres qu’il allait quitter le groupe, mais la décision est restée confidentielle.

Seul maître à bord, McCartney a compris que le ver est dans le fruit. Résigné, il se tourne lui aussi vers sa propre carrière solo (l’interview au Daily Mirror vise d’ailleurs avant tout à annoncer la sortie de son premier album). Quant à George Harrison et Ringo Starr, ils ne peuvent que constater la distance qui sépare désormais leurs deux acolytes. Ringo tue le temps en chantant des vieux standards (son disque de reprises A Sentimental Journey est sorti en mars 1970). George mettra bientôt la dernière main à All Things Must Pass, le double album qui lancera brillamment sa propre carrière à la fin de la même année.

"C’est comme si j’avais fermé la porte alors qu’il n’y avait plus personne dans la maison", se souviendra plus tard Paul Mc Cartney à propos de cette annonce. Souvent négligée de l’histoire officielle, la date du 10 avril 1970 marque pourtant un vrai tournant, signant la fin du rêve pour tous ceux que la musique des Fab Four avaient accompagnés tout au long des années 60. Cinquante ans plus tard, les fans en parlent encore. Parmi eux, un français, Hughes Blineau, a même consacré un roman à ce Jour où les Beatles se sont séparés (éditions Médiapop).

CANADA | Reprise sous conditions des ventes d'armes à l'Arabie saoudite. Ottawa a annoncé jeudi avoir renégocié les termes d'un contrat de 14 milliards de dollars (9,2 milliards d'euros) de cession de blindés légers à l'Arabie saoudite. Ces opérations étaient suspendues depuis fin 2018. Le Canada avait alors dénoncé la responsabilité de Ryad dans le meurtre du journaliste Jamal Khashoggi et l'engagement saoudien dans la guerre au Yémen.

L'annulation de ce contrat aurait pu entraîner des pénalités "de plusieurs milliards de dollars pour le gouvernement du Canada" et "menacer les emplois de milliers de Canadiens", s'est défendu le ministre des Affaires étrangères. Il souligne que, dans le cadre de la renégociation du contrat de vente, le Canada n'aura plus à payer de pénalités s'il retarde ou refuse la délivrance de "futurs permis d'exportation" en raison de violations des garanties de leur utilisation.

MALAWI | Macabre chasse aux "vampires". Au moins huit personnes soupçonnées d'avoir bu le sang de leurs victimes ont été lynchées à mort par des groupes d'autodéfense ces dernières semaines dans le nord.

Une pratique qui n'est malheureusement pas nouvelle, dans un pays nourri de rumeurs et où les croyances traditionnelles restent très ancrées dans la population. En 2017, neuf personnes avaient été tuées et 250 arrêtées pendant une série de violences similaires.

Dans cette nouvelle vague, qui a débuté à la mi-mars 2020, 117 personnes ont été arrêtées par la police. Les Nations unies ont appelé les autorités à mettre rapidement un terme à "ces épisodes de justice populaire [qui) se nourrissent de mythes et de désinformation qui mettent en péril l'état de droit et le respect des droits humains".

GAZA | Accusés de "trahison" pour avoir échangé avec Israël via Zoom. Des civils palestiniens ont été arrêtés pour des faits de "normalisation des activités avec l'occupant israélien via Internet". Ce que les autorités de ce territoire palestinien de 2 millions d'habitants leur reprochent ? D'avoir établi, en utilisant le logiciel de visioconférence Zoom, une "communication avec les forces d'occupation israéliennes" ce qui, précise le ministère de l'Intérieur, "peu importe l'excuse, est un crime au sens de la loi et constitue un acte de trahison de notre peuple".

Sur sa page Facebook, Rami Aman, l'un des Palestiniens interpellés, se décrit comme politiquement indépendant. Il aurait discuté avec des membres d'une association de la gauche israélienne pro-palestinienne, affirme l'AFP.

Depuis la prise du pouvoir du Hamas en 2007, l'enclave de Gaza a été placée sous blocus israélien. Il est impossible pour les ressortissants de l'État hébreu de s'y rendre, tandis que les Gazaouis peuvent, sur autorisation préalable, se rendre en Israël pour y travailler temporairement ou y suivre des traitements médicaux.

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