Chaque jour, cinq infos du monde garanties sans Covid-19. Ce jeudi 23 avril, l'actualité internationale nous emmène notamment à Coblence, où deux nervis d'Assad, réfugiés en Allemagne, sont jugés pour crimes contre l'humanité et complicité de crime contre l'humanité.

Anwar Raslan (à gauche) et Eyad al-Gharib ont été repérés en Allemagne grâce au témoignage de l’une de leurs victimes, qui a reconnu le premier dans un foyer de demandeurs d’asile, puis dans un grand magasin à Berlin.
Anwar Raslan (à gauche) et Eyad al-Gharib ont été repérés en Allemagne grâce au témoignage de l’une de leurs victimes, qui a reconnu le premier dans un foyer de demandeurs d’asile, puis dans un grand magasin à Berlin. © AFP / Thomas Frey

ALLEMAGNE | Jugés pour des exactions commises en Syrie, une première. Deux Syriens soupçonnés d'avoir commis des exactions dans les prisons du régime de Bachar el-Assad sont jugés à partir de ce jeudi en Allemagne à Coblence, pour crimes contre l'humanité et complicité de crime contre l'humanité.

Ce procès, qui pourrait durer plusieurs mois, est une première mondiale. Les deux accusés avaient trouvé refuge en Allemagne ces dernières années, parmi des centaines de milliers d'autres Syriens.

Le premier suspect s’appelle Anwar Raslan, 57 ans. Il est présenté par la justice allemande comme un ancien colonel des services de renseignement syriens. Entre avril 2011 et septembre 2012, il aurait participé à des séances de torture à Damas, dans un centre de détention dont il avait la charge. 58 personnes auraient trouvé la mort sous sa responsabilité et 4 000 autres auraient subi des sévices (coups de fouet, électrochocs, viols…). Anwar Raslan assure avoir fait défection en 2012 avant de rejoindre l’Allemagne en 2014.

L’un de ses subordonnés, jugé en même temps que lui pour complicité, aurait participé à l’arrestation et à la torture d’une trentaine de manifestants détenus dans cette prison. Les deux hommes ont été repérés grâce au témoignage de l’une des victimes d’Anwar Raslan, qui l’avait reconnu dans un foyer de demandeurs d’asile, puis dans un grand magasin à Berlin.

Jusqu’à présent, il était très difficile pour des raisons juridiques d’amener devant les tribunaux des tortionnaires syriens. La justice allemande a contourné l’obstacle en faisant jouer la compétence universelle, qui permet à un État de poursuivre les auteurs de crimes particulièrement graves, quelle que soit leur nationalité ou le pays dans lequel les exactions ont eu lieu. Cette comparution ouvre donc la voie à d’autres procès contre d’anciens nervis du régime syrien.

ISRAËL | Feu (presque) vert américain à l'annexion de la vallée du Jourdain. Le secrétaire d'État américain Mike Pompeo estime que la décision d'annexer ou non une partie de la Cisjordanie reviendra "en dernier lieu" à Israël.

Le plan Trump pour le Moyen-Orient, présenté le 28 janvier dernier, prévoit l'annexion des colonies juives et de la vallée du Jourdain, situées en Cisjordanie occupée depuis 1967. La plateforme gouvernementale conclue lundi dernier entre Benyamin Netanyahou et Benny Gantz prévoit de déclencher ce processus d'annexion le 1er juillet prochain, en coordination avec les États-Unis. Mais la déclaration de Mike Pompeo ressemble fort à un feu vert.

Pour l'Autorité Palestinienne, ce serait la fin de la solution à deux États (israélien et palestinien). Le ministre palestinien des Affaires étrangères a demandé hier soir à son homologue français Jean-Yves Le Drian d'organiser une réponse européenne au projet d'Israël et des États-Unis.

BANGLADESH | Le calvaire des Rohingyas se poursuit en mer. Les deux bateaux errant au large du pays avec à leur bord plusieurs centaines de réfugiés ne pourront pas accoster, a déclaré le ministre des Affaires étrangères bangladais, en dépit des appels humanitaires.

"Aucun Rohingya supplémentaire ne sera autorisé", a-t-il martelé. "Il est de la responsabilité de tous les gouvernements de la région que les mers ne se transforment pas en cimetières invisibles", a opposé Saad Hammadi, d'Amnesty International.

Le Bangladesh, qui accueille déjà près d'un million de membres de cette minorité musulmane persécutée en Birmanie, est confronté à une nouvelle vague de migrants, à la dérive dans le golfe du Bengale après avoir été repoussés par les gardes-côtes de Malaisie.

Il y a une semaine, un bateau transportant 396 Rohingyas affamés, à la dérive en mer depuis deux mois et qui avait été refoulé par la Malaisie, avait été accueilli.

EUROPE | Victoire des LGBT contre la discrimination à l'embauche. Dire qu’on ne veut pas embaucher de personnes lesbiennes, gay, bi- ou transsexuelles est contraire au droit européen. La Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) devait se prononcer sur le cas italien d’un avocat ayant publiquement, lors d’une émission de radio, affirmé qu’il ne voulait pas recruter de personnes LGBT dans son cabinet.

Arguant du droit à la liberté d’expression, cet avocat avait saisi la justice italienne mais avait été débouté en première instance, en appel et avait décidé de se pourvoir en cassation. La cour de cassation italienne a, à son tour, interrogé la CJUE, qui a tranché ce jeudi :

"Des déclarations homophobes constituent une discrimination en matière d'emploi et de travail lorsqu'elles sont prononcées par une personne (susceptible d'avoir) une influence déterminante sur la politique de recrutement d'un employeur."

La justice d’un État membre peut donc être saisie d'une plainte. "Une association a le droit d'agir en justice pour obtenir réparation des dommages, même si aucune personne lésée n'est identifiable", note le communiqué de la CJUE. Concernant la liberté d'expression, la juridiction, basée à Luxembourg, rappelle que ce "n'est pas un droit absolu et que son exercice peut comporter des limitations, à condition que celles-ci soient prévues par la loi et respectent (...) le principe de proportionnalité".

CANADA | Sauvée par ses implants mammaires. La chirurgie esthétique peut sauver une vie. Une étude de la Société canadienne des chirurgiens plasticiens a révélé cette semaine qu’une femme a effectivement échappé à la mort grâce à ses implants mammaires en silicone.

L’histoire remonte à 2018, lorsqu’une femme, dont l’identité n’a pas été révélée, se balade à Toronto. Un homme s’approche et lui tire une balle à bout portant en pleine poitrine. Elle se rend à l’hôpital, en vie, et les chirurgiens découvrent en l’opérant que la balle, de calibre 10 mm, a traversé l’implant du sein gauche, a dévié de sa trajectoire pour terminer dans l’implant droit.

Selon le chirurgien Giancarlo McEvenue, auteur de l’étude et interrogé par CNN,  "l'implant est la cause du changement de trajectoire de la balle", qui, du coup, n'a pas perforé le cœur.

Si des cas similaires ont été signalés par le passé, celui d'une femme poignardée en 2012 en Floride, ou d'une autre, blessée par balle au Canada la même année, c'est la première fois qu'une étude peut établir le rôle salvateur de la prothèse.

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